20 octobre 2008
Un chef indien
Graines de cumin, graines de moutarde, graines de coriandre, poudre de piment rouge, curcuma, coriandre fraiche ou seche, masala, creme fraiche, beurre, oignon, ail, gingembre frais, batons de canelle, canelle en poudre, graines de pavot, noix de cajou, raisins secs, graines de cardamome vertes ou noires, noix de coco rapee, sucre, sel, lentilles noires ou jaunes, clous de girofle, lait, haricots rouges,...
Les ingredients, les epices pour une explosion de saveurs.
Le secret : avant toute chose, faire eclater les graines et les epices dans l'huile chaude pour que s'exhalent les aromes et les odeurs.
Trois cours de cuisine qui necessitent un lavage des vetements a la sortie mais qui m'ont appris l'usage des epices et surtout que la cuisine vegetarienne n'est pas fade et repetitive mais variee et savoureuse.
J'espere un jour vous faire profiter de toutes ces bonnes choses et peut-etre realiser une premiere avec un curry de cochon ou un pork tadoori.
Au pied de l'Himalaya
Le village de Naddi est reste traditionnel et agricole. Ses maisons aux toits de lauzes abritent les etables dans les pieces du rez-de-chausse, avec, au niveau du premier etage, des balcons bas sur lesquels il faut marcher courbe.
Je me faufile entre les maisons et leurs cours de terre battue pour me diriger vers les montagnes saupoudrees des premieres neiges. Une vieille femme peine a se redresser sous le poids de sa hotte trop chargee de fumier humide. Alors que je l'aide a se relever, elle agrippe mon short de ses mains couvertes de fumier. Ca doit etre bon pour le karma.
A la sortie du village, la troupe de singes s'epouille dans les premiers rayons du soleil qui filtrent a travers les arbres. Ils vivent pres des containers de poubelles. Les poubelles doivent etre bien garnies car les petits sont nombreux.
Je m'eleve a travers les champs en terrasse ou la mamie de tout a l'heure epand son fumier, des indiens des montagnes (bronzes, rides et portant un calot brode de rouge et d'or), assis en rang, tondent des moutons et des chevres angoras.
Dans la foret de sapins, le vent mumure les prieres imprimees sur les drapeaux. J'aime ces temples ouverts aux quatre vents qui me font penser a des chapiteaux de cirques.
Le chemin pave s'accroche au flanc de pentes abruptes couvertes de rhododendrons geants qui ont pris la place des sapins. Je cherchais des arbustes un peu plus grands que chez nous, ce sont en fait des arbres, la floraison printaniere doit etre spectaculaire.
La vue sur Mc Leod n'est pas sans rappeler le panorama sublime qui s'offre au regard quand on contemple Theys et les Vincents depuis Prapoutel (les connaisseurs apprecieront :-).
Comme j'arrive au col, les premiers bourgeonnements se developpent contre les parois qui conservent a plus de 4000m la neige tombee il y a quelques jours.
Je vois un phoque que pourchasse un ours blanc bientot suivi d'un lapin de manege geant. Pars vite bebe phoque! Je mets d'abord ca sur le compte du mal des montagnes, sur l'abus d'herbe de ces montagnes, avant de me rappeler que je suis du regard la course des nuages qui remontent la combe a toute vitesse et s'effilochent sur les cimes des arbres.
Alors que je replonge dans la vallee, les bergers ramenent leurs troupeaux de moutons et de chevres a leurs enclos. La montagne resonne de leurs sifflets rassembleurs et des belements des agneaux isoles sur des eperons qui ne savent plus comment rejoindre le troupeau.
La chaleureuse lumiere de fin d'apres-midi touche de son pinceau d'or les versants, les champs en terrasse et les fermes de pierre isolees. Je ralentis le rythme de la descente pour en profiter plus longtemps, jusqu'a la derniere seconde du soleil rouge qui est englouti par les brumes violettes des plaines de l'Inde.
16 octobre 2008
Aide a l'Enfance Tibetaine
A Delhi, j'ai eu la chance de rencontrer des francais qui parrainent des enfants tibetains et je voulais ici faire echo a leur engagement : Aide a l'Enfance Tibetaine.
Vous connaissez sans doute l'histoire du Tibet, la "liberation" par l'armee chinoise, la fuite du gouvernement tibetain, Dalai Lama en tete, vers l'Inde en 1959.
Il y a eu aussi la destruction de tous les lieux de culte pendant la revolution culturelle (1966 et les 10 annees suivantes), la "reeducation" des moines et des nonnes, etc...
Et l'installation des colons chinois, l'interdiction de la langue tibetaine a l'ecole, bref tout est fait pour eradiquer la culture tibetaine, s'accaparer les ressources naturelles et la position strategique du plateau tibetain.
Je savais tout ca mais tous les tibetains que je rencontre ici a Daramsala me racontent la meme histoire : la fuite dans les montagnes pour echapper aux sevices et aux emprisonnements pour les moines et les nonnes, fuir l'absence d'avenir pour les jeunes. Pour donner la mesure du
desespoir : les parents confient leurs enfants a des hommes qu'ils ne connaissent meme pas, qu'ils paient de 500 a 1000 euros (plusieurs annees de revenus pour des nomades) afin qu'ils les conduisent a travers les montagnes, pas des cols a plus de 5000m, marchant de nuit pour echapper aux patrouilles chinoises, ete comme hiver. Ils arrivent parfois avec les pieds et les mains geles qu'il faut alors amputer.
Bien sur, il faut aider les pauvres dans son pays, essayer de developper l'Afrique, etc... mais pour les raisons exposees ci-dessus, cette cause m'a touche.
Si vous souhaitez aider l'education d'un enfant tibetain ici en Inde, les renseignements sont sur le site Aide a l'Enfance Tibetaine.
J'ai pu me rendre compte que les fonds alloues aux gros projets comme les constructions d'ecole beneficient egalement aux indiens qui construisent ces ecoles. Les retombees sont donc plus larges que la communaute tibetaine.
Et comme on ne se refait pas, quelques elements financiers : le parrainage coute autour de 25 euros par mois selon le niveau de l'enfant, 60% des dons (dans la limite de 400 euros par an) sont deductibles pour ceux qui ont la chance de payer des impots, ce qui revient a environ 8 euros par mois.
A vot' bon coeur m'sieurs dames. C'est bon pour le karma comme on dit chez nous.
09 octobre 2008
Dans les jongles des Indes
Il faut quitter Delhi par le train et faire plusieurs heures vers le sud dans cette boite de fer blanc surchauffee par les rayons du soleil pour s'approcher des parcs, pour avoir peut-etre la chance de decouvrir les animaux parmi les plus rares, les plus secrets de l'Inde et du monde.
Puis c'est en jeep qu'il faut continuer par des routes qui bien vite deviennent des pistes de boue ou la progression est de plus en plus difficile. A l'approche des plans d'eau, malgre la chaleur etouffante, l'humidite et les moustiques qui semblent n'avoir pas mange depuis plusieurs jours, il faut continuer a pieds en priant pour ne pas marcher sur un serpent.
Mais l'on est vite recompense par la vue des premiers oiseaux, des sortes de grues qui nichent dans les arbres et qui chassent les pieds dans l'eau les poissons et les grenouilles. Des biches se reffraichissent dans l'eau malgre les formes inquietantes que l'on devine.
Et enfin, on a la chance de voir ces animaux, malheureusement en voie de disparition. Le rhinoceroce sur de lui grace a sa cuirasse et sa taille imposante ne nous craint pas.
Et surtout le tres discret tigre blanc du Bengal dont on a entendu le feulement bien avant d'apercevoir furtivement le passage.
Comment ca les zebres et le girafes ne vivent qu'en Afrique? Bon, OK, j'affabule un peu mais quand les musees et les temples de Delhi sont fermes par crainte de bombes en ce jour de fete hindouiste, c'est pas mal de visiter le zoo :-))
07 octobre 2008
Delhi : une claque dans la gueule!
Heureusement que le debut du voyage m'avait un peu prepare a ce que j'ai trouve en arrivant a Delhi. Les embouteillages, les chauffeurs fous, la pollution, c'etait marrant de se retrouver 5 mois en arriere a Teheran. Les chinois m'ont meme prepare au chaffeur de taxi qui crache sa tuberculose par la fenetre.
Mais rien ne prepare a la violence de ce qui bouscule vos sens par la suite. On m'avait parle de cette pauvrete qui se traduit sous mes yeux par des gens qui dorment sur le terre-plein central de la route dans le bruit et la pollution, des mendiants difformes en haillons, des ecloppes.
La puanteur des rues, les hommes qui se soulagent a peu pres n'importe ou, une charogne au bord de la route (j'ai vraiment espere que c'etait une vache) qui se fait dechiqueter par des corbeaux, les tas d'ordures que les gens fouillent pour en tirer les dernieres miettes a manger.
Et la beaute des femmes en sari qui passent avec tellement de grace au milieu de tout ca. "Tu verras en Inde, les femmes c'est des princesses" m'avait dit Little Buddha. Leur demarche, les saris aux couleurs flamboyantes rehausses de broderies dorees, de perles, les bijoux dans le nez, a leurs doigts, leurs orteils, a leurs chevilles et leur poignets, leurs gestes pour remettre en place leur sari. Les statues que l'on voit au musee montraient il y a deja 600 ans les memes parures, exprimaient la meme sensualite.
Et evidemment les plats epices qui mettent la bouche en feu.
Bref, la premiere journee dans le vieux Delhi m'a bien sature les sens.
Mais a Delhi, il y a aussi des palais du 17e siecle batis par les empereurs moghols. Leur gres rouge et leur marbre blanc sont rechauffes par les lumieres de la fin d'apres-midi. Les fleurs des frangipaniers degagent le plus sublime odeur.
Les avenues dans les quartiers des ministeres sont propres et ombragees, les chauves-souris geantes se preparent pour le festin nocturne et les singes pres du ministere de la justice font bombance de pommes.
D'autres voyageurs m'ont dit que pour l'Inde, soit tu detestes, soit tu es pique. Je crois que j'ai deja senti la piqure.
















































