29 avril 2009
Hoi An
Le rythme des decouvertes reste soutenu grace aux parents orientophiles qu'il me faut chaque jour fournir en nouveautes. Il faut bien avouer qu'il s'agit avant tout d'un orientalisme culinaire, avec un interet tout particulier pour les bieres locales (bia hoi) a 15 centimes d'euro le verre.
Entre deux repas, on esssaie tout de meme de faire mine de passer devant une pagode, une vieille maison ou tout autre chinoiserie offrant le pretexte a une promenade aperitive ou digestive ou encore d'aller vers un de ces nombreux bars de rue.
Hoi An est l'endroit ideal pour ce genre d'activites hautement culturelles.
L'emplacement de la ville sur une riviere et avec un arriere-pays industrieux, notamment pour les soieries, a permis un fort developpement du commerce des le IIe siecle et plus encore a partir du XVe siecle avec les pays asiatiques mais aussi europeens.
Chinois et Japonais venaient au printemps, pousses par les vents de nord-est et repartaient durant l'ete avec les vents de sud. Pour resider durant leur sejour, ils ont bati de belles demeures le long du fleuve et, leurs communautes s'etoffant d'annee en annee, ils ont edifie de vaste maisons communautaires
pour se retrouver selon leur province d'origine.
Hoi An permet de voir egalement un temple caodaiste. Cette religion, creee au debut des annees 1920, est fondee sur la fusion de religions orientales et occidentales. Les caodaistes tirent leur philosophie des enseignements chretiens, mulsulmans, bouddhistes, confuceens et taoistes.
27 avril 2009
Cite imperiale
Les hauts murs de la cite imperiale de Hue sont baignes par la Riviere des Parfums.
Au debut du XIX siecle, l'empereur Gia Long, fondateur de la dynastie Nguyen (qui n'etait pas tres original puisqu'il s'appelait comme 28% des Vietnamiens) a decide de se faire batir cet ensemble de palais dans un style qui ressemble a s'y meprendre a la Cite Interdite de Pekin.
Comme c'etait un petit empereur d'un pays pas bien grand, ca fait une Cite Imperiale en modele reduit.
Je vous conseille cependant de passer y faire un tour dans cinq ans lorsque toutes les restaurations seront terminees.
La campagne au sud de Hue est parsemee des tombes des defunts empeurs.
Les tombes les plus fastueuses etaient a l'origine des palais dans lesquels les empereurs ont ete inhumes ensuite.
Mais les frangipaniers qui fleurissent autour de ces sites embaument l'air equitablement pour tous les empereurs.
Toutes les tombes sont egalement entourees de statues de chevaux, d'elephants et de mandarins qui representaient l'escorte de l'empereur et qui le protegeaient dans l'autre monde.
L'empereur Tu Duc (ne pas confondre avec un certain Trou Duc, president de tous les Francais) a essentiellement laisse sa trace dans l'histoire pas son caractere vigoureux, ses 104 epouses et ses innonbrables concubines.
25 avril 2009
Kitsch sous-terrain
La region de Dong Hoi est couverte de montagnes calcaires et certaines sont parcourues de reseaux souterrains.
J'ai vaguement l'impression de me repeter a propos des formations calcaires du Vietnam alors c'est promis c'est la derniere fois que je parle de grottes, machins karstiques ou autres, j'ai peur d'une baisse d'audience.
Je pourrais presque vous laisser faire les commentaires puisque ca se passe comme les fois d'avant : on prend le bateau, on suit la riviere, on rentre dans la grotte, etc...
La particularite des grottes de Phong Nha (celle ou l'on rentre en bateau) et de Tien Son (celle ou l'on doit acceder par un long escalier) n'est pas la population de touristes locaux qui fument dans les grottes, jettent leurs boites de biere par terre alors qu'il y a une poubelle tous les cinq metres ou qui trouvent super marrant de crier pour tester l'echo (ils etaient une centaine, tous ayant depasse la trentaine, des vrais debiles).
, on les trouve partout ceux-la.
Non, la vraie particularite de ces grottes inscrites au patrimoine mondial de l'unesco (je me demande vraiment a quoi ils pensent quand ils inscrivent les sites sur leur fameuse liste), c'est le gout raffine des electriciens daltoniens qui se sont occupes de l'eclairage des stalactites bleues, des stalagmites rouges ou des draperies vertes,...
Ca devait etre tres joli... avant.
Chúc mung sinh nhat Tesson
Apres la R12 turque de l'an dernier, je continue de te poster des photos d'antiquites exotiques pour ton anniversaire.
Il me semble que la mousson a commence, le poncho est tres tendance cette saison au Vietnam.
Et comme on dit en Chine : longevite!
Bises de nous trois.
22 avril 2009
Rizieres et calcaire

Rizieres et pics calcaires sont les deux mamelles du tourisme a Ninh Binh. Toute ressemblance avec la baie d'Along n'est pas completement fortuite, le vert d'ou jaillissent les pics rocheux est juste un peu plus vegetal.
Le mieux pour decouvrir les rizieres est de suivre la riviere peu profonde qui y serpente en barque.
On est tout d'abord content d'avoir echappe aux chauffeurs de camions psychopathes le long de la route nationale en velo et l'on profite avec volupte du calme de l'eau et de la verdure autour. C'est presque aussi beau que le marais poitevin.
La riviere a creuse son chemin a travers la roche et l'on traverse ces grottes en baissant un peu la tete.
En bordure des rizieres, les pecheurs ont pose leurs nasses de bambou pour attraper crabes et poissons mais les martins pecheurs sont plus agiles pour capturer les truites.
Lors du retour, je note que la vitesse a augmente. Notre gondolier devait avoir mal aux bras et s'est mis a pagayer en pedalant avec les pieds.
Ils sont trop forts ces Vietnamiens! Ca ne m'etonne pas qu'ils nous aient foutu dehors et les Americains dans la foulee.
Il est possible de prendre un peu de hauteur en suivant les
crottes des chevres sur les cannelures des pics calcaires.
La vue embrasse alors une mer de verdure et de collines qui se perdent dans la brume a l'horizon.
D'ailleurs, je suis doublement redevable aux chevres que les gens d'ici cuisinent avec de la citronnelle et de la noix de coco et qui recompensent tous ces efforts.
21 avril 2009
La baie d'Along

Il y a quelques endroits comme cette baie d'Along qui sont evocateurs du voyage. On a beau avoir vu des centaines de photos, lorsqu'on apercoit ces pics calcaires qui s'elancent hors de la mer de Chine (les puristes diront golfe du Tonkin), on n'en revient pas d'etre la.
La plus grande ile de l'archipel, Cat Ba, abrite un parc naturel. La marche dans la foret tropicale est eprouvante a cause de la chaleur et de l'humidite mais comme c'est un massif calcaire, je retrouve avec plaisir des cousins des lapiaz chartrousins. 
L'effort est recompense lorsqu'on atteint l'autre cote de l'ile et que l'on debouche sur une crique ou la jonque nous attend pour le retour.
Les pics karstiques sont poses comme des grains de beaute a la surface de la peau lisse et couleur jade de la mer.
Un bref arret sur une autre ile permet de rendre visite aux singes qui bronzent sur la plage et tentent de marauder des biscuits aux touristes qui rosissent au soleil.
C'est aussi l'occasion de decouvrir la culture maritime des habitants du lieu. Les gens vivent sur des villages flottants, tirant leur subsistance de la mer.
Les chaluts sont amarres devant les maisons, les bassins de pisciculture sont a portee d'epuisette et les poissons qui sautent de l'eau atterrissent directement sur le grill du restaurant.
La mer est le lien essentiel entre les villages, certains bateaux se specialisent dans le transport des denrees qui ne peuvent etre produites sur les iles.
Au retour au port, c'est l'heure de la sortie de l'ecole et les enfants rament pour rentrer a la maison.
On regrette simplement la difficulte de faire la difference entre les meduses qui nagent dans la baie et les sacs plastiques...
18 avril 2009
Amenagement du territoire
Le village de Sapa est la "capitale" des minorites du Vietnam. Les peuples montagnards Hmong, Dao et Thai sont venus de Chine il y a plusieurs siecles et se sont etablis dans cette region.
Le Mont Fansipan, perpetuellement coiffe de nuages domine la vallee et toute la peninsule indochinoise du haut de ses 3143 metres.
Pour gagner des surfaces cultivables sur ces pentes abruptes, les habitants ont developpe un systeme de culture du riz en terrasses qui couvre les montagnes de lignes de niveau regulieres. La moindre surface est exploitee. Lorsque la surface n'est pas amenageable en terrasse, ils sement du mais et des haricots.
Pour decouvrir la region, nous partons en trek avec mes parents cheris. Des annees d'entrainement leur permettent de montrer aux tribus locales et au guide qui peine a suivre ce que veut dire filer comme un chamois (ou plutot comme un dahut a flanc de ces collines).
Le revers de la medaille de cette magnifique region est le developpement touristique extreme qui encombre les chemins principaux de touristes en "gougounes".
Les Hmongs se sont tres vite adaptes au tourisme. Les femmes sont en embuscade a la sortie des hotels pour guetter les groupes de touristes.
Ces braves dames passent la matinee a vous escorter, vous tressent des colliers de fleurs, vous tendent la main pour vous aider a passer les ruisseaux avant de vous harceler pour tenter de declencher un acte d'achat. A un moment, j'ai meme cru que je m'appelais "you buy from me".
Reste que cette balade est l'occasion de decouvrir le mode de vie difficile des
habitants du lieu qui ont deplace des montagnes pour pouvoir y vivre.
A cette periode du printemps, les familles preparent les rizieres en labourant grace aux buffles avant de planter le riz.
09 avril 2009
Dans la jungle

Les violentes pluies des derniers jours ont gonfle les rivieres du nord du Laos. La barque file sur l'eau boueuse au milieu des rizieres dans la petarade du moteur. Puis l'on s'eloigne des villages, la foret dense remplace les champs et il faut la connaissance du piroguier pour se faufiler dans les rapides.

Quand l'eau se calme un peu, on peut accoster et recuperer notre guide, habitant d'un village voisin, qui nous attend sur la rive arme de sa machette.
Le trek se deroule sur des collines couvertes de forets de bambous, de forets primaires et de fines sentes qui relient les villages. Chaque matin, nous partons avec un guide different qui seul connait ces chemins repris par la vegetation jusqu'au village d'apres.

Je ne tarde pas a faire la connaissance de petites amies qui se cachent sous les feuilles et qui se laissent tomber lorsqu'elles sentent la chaleur d'un mollet ou d'une cheville. Mais elles vivent aussi tres bien dans l'eau des ruisseaux dans lesquels on marche. La premiere fois, ca fait bizarre, mais on s'habitue vite a saisir la sangsue gonflee de sang dans une feuille, a tirer d'un coup sec et a ecraser cette petite saloperie degoulinante.
Lorsqu'on arrive a une riviere plus large que l'on ne peut passer a gue, le village sur l'autre rive nous envoie deux adolescents sur un radeau (ils appellent ca un bateau!) de bambou, qui permet de traverser avec de l'eau a mi-mollet. Ils touchent a peine le lit de la riviere avec leur perche, j'ai l'impression que le courant va nous entrainer vers les rapides en aval avant que nous ne touchions terre miraculeusement.
Tous les enfants du village, des qu'ils sont en age de marcher, semblent s'etre donne rendez-vous sur la rive avec de petits filets. Ils capturent de minuscules poissons et grenouilles dans le courant et sous les pierres.
Le chef du village qui nous accueille pour la nuit connait son monde sur le bout du doigt : le village compte 15 fumeurs, 7 televisions et autant de generateurs.

Apres trois jours a se frayer un chemin a la machette, a glisser et a finir sur les fesses dans la boue, ca fait presque plaisir de retrouver les immmondes balafres des brulis. Les villageois sont encourages a couper et bruler les forets pour planter des heveas comme dans le reste du pays. Si l'on en comprend les raisons economiques, le cout ecologique de cette deforestation est immense. L'abattage d'arbres admirables et la disparition de la diversite vegetale et animale gache un peu le plaisir de la promenade en lisiere du parc national.
03 avril 2009
Voyage au centre de la terre

La bourgade de Vang Vieng au nord de Vientiane est le resultat de ce qu'il y a de pire dans le developpement touristique. Des hordes de jeunes britanniques et scandinaves (les memes que j'avais deja du mal a supporter en Thailande) deferlent dans ce village afin de vivre deux experiences extremes : poser leurs fesses dans des chambres a air de tracteur pour descendre 3 km de riviere, raclant les sus-dites fesses quand la profondeur ne depasse pas 10 cm en cette saison seche.
La deuxieme experience consiste a s'asseoir (encore) dans des
restaurants qui diffusent des episodes de Friends ou des Simpsons en mangeant des "happy" pizzas, milk shakes ou n'importe quoi pourvu que ca contienne du cannabis, des champignons hallucinogenes ou des amphetamines. Ils pourraient faire la meme chose dans leur salon et eviter de pourrir ce si beau pays dont ils n'ont rien a faire visiblement. J'espere que le Laos ne deviendra jamais ce qu'est devenu la Thailande de ce point de vue.
Mais fort heureusement, les montagnes calcaires qui entourent Vang Vieng sont un dedale de grottes ou l'on peut fuire ce spectacle affligeant.
Les seuls habitants que l'on y croise on generalement huit pattes et ne s'eloignent pas trop des entrees ou les insectes penetrent encore.
Certaines entrees de grottes sont gigantesques et abritent des lieux de culte, dans d'autres, il faut se faufiler et l'on peut meme cheminer plusieurs kilometres sous la terre en suivant le lit de rivieres souterraines assechees en cette saison.
Et l'on decouvre des draperies que nul vent n'agite, des meduses petrifiees, les colonnes, les arcades ouvragees de ces palais souterrains.
Plus loin, les formations rappellent des coraux, des formes fantomatiques apparaissent dans l'obscurite. C'est la qu'il s'agit de garder son calme quand on est certain d'etre passe pour la troisieme fois en rampant dans la boue devant une galerie qui ne debouche pas et qui ne ressemble pas du tout a celle empruntee a l'aller...







































