01 septembre 2009
L'ile des fleurs
Quand les Portugais ont debarque ici, ils ont appele l'ile Flores. Pas tant pour les fleurs dans les forets qui couvrent les pentes des collines et des volcans mais pour les fleurs qu'ils voyaient sous la coque de leurs navires, les coraux qui tapissent les fonds marins autour des iles de l'archipel.
Notre bungalow est pose a dix metres de la ligne de la maree haute sur cette plage de sable noir de Wudong. Au reveil, pas une ride ne trouble la surface de l'eau. Sur le fond noir, les coraux colores resortent encore mieux que sur le sable blanc qu'on a l'habitude de voir ailleurs.
La plongee du jour nous emmene sur une faille ouverte en 1992 par un tremblement de terre. Le tsunami provoque par la vague a fait de milliers de morts dans la ville voisine de Maumere. Les habitants, apeures par la secousse ont fui vers l'interieur des terres mais des failles s'y etaient egalement ouvertes, deversant des geysers d'eau bouillante. Paniques et croyant que l'eau arrivait par la montagne, ils se sont precipites dans l'autre sens, a la rencontre de la vague fatale.
La faille a depuis ete colonisee par les coraux et des milliers de poissons y trouvent refugent. Quand on descend le long de la faille jusqu'a une vingtaine de metres de profondeur, on voit les rayons de soleil qui s'y faufilent et les eventails des gorgones qui s'agitent mollement dans le courant.
Durant la plongee precedante, nous nagions avec Jon dans une large vallee sous-marine au fond de sable blanc et aux parois en pente douce couvertes de coraux magnifiques, par une visibilite exceptionnelle. Le courant dans cette vallee attire de nombreux gros poissons et nous avons eu la chance de voir une majestueuse raie aigle tachetee de plus de deux metres d'envergure qui "volait" avec une grace incroyable et sans effort pour se maintenir en position stationnaire alors que nous palmions comme des canards enrages pour ne pas perdre trop de terrain. Ma plus belle rencontre sous-marine a ce jour.
On profite du monde marin en nous deplacant a Riung apres avoir traverse une savane seche qui nous rappelle l'Afrique alors qu'aucun de nous n'y est jamais alle :-).
Le masque et le tuba suffisent ici pour profiter des fonds marins. On a presque honte de manger du poisson grille sur cette ile de sable blanc pendant la pause dejeuner alors que cinq minutes avant on regardait nager leurs freres.
Et qu'est-ce qu'on trouve quand on se remet a grimper des montagnes a l'interieur de l'ile? Des Grenoblois en tour du monde. Tiens, comme c'est original! Et avec des amis communs en plus. Trois amis (Claire, Wil et son Tenia) avec qui on voyagera un moment, qui n'hesiteront pas apres six mois de voyage a sauter sur le saucisson, le st-marcellin et le viognier que Sylvain et Natacha ont apporte jusqu'ici au mepris du danger.
Les trois lacs qui occupent les crateres du Kelimutu changent de couleur au cours du temps en fonction de la concentration des mineraux qu'ils contiennent et qui sortent de la terre. Bien que deux des lacs fussent d'un vert identique (ce qui me permet l'emploi d'un imparfait du subjonctif!), nous n'avons pas eu droit a une remise sur le prix d'acces au parc.
Bienfait supreme de l'activite volcanique de l'ile, les nombreuses sources d'eau chaude qui permettent de se delasser a la fin d'une journee sur les routes montagneuses. Baignade a l'ombre d'un manguier, alternant le tiede et le tres chaud selon le ruisseau que l'on choisit.
20 août 2009
L'ame du pays Toraja

On mesure le statut social des habitants du pays Toraja, dans la partie sud de Sulawesi, a l'importance de leurs funerailles. On peut dire qu'on a eu de la chance parce que pour l'enterrement de ce papy, plus de 2000 personnes etaient conviees et 24 buffles dont 6 albinos (ca ne vous parle peut-etre pas, mais pour eux la difference est de taille) tremblaient en attendant le couteau du boucher.

Comme ca prend du temps (et beaucoup d'argent) d'organiser tout ca, les impressionnantes ceremonies funeraires de la region sont organisees a la saison seche, de juillet a septembre. Comme tout le monde ne peut pas se debrouiller a mourir l'ete, le defunt est conserve embaume le temps qu'il faut (ca peut prendre un an), au milieu de la famille qui continue a lui parler, en attendant les festivites.

Un village de bambou est bati specialement pour l'occasion et toutes les branches de la famille arrivent de toute l'Indonesie et meme de l'etranger pour l'occasion, maintenant le lien familial.
Les ceremonies se deroulent sur quatre jours. Le premier, le corps est sorti de sa maison, secoue comme un Orangina a travers le village, non pas pour decoller la pulpe mais pour que l'ame soit desorientee et ne retourne pas tourmenter les vivants si les ceremonies ne sont pas a la hauteur.
Le lendemain, c'est l'accueil des familles. Elles arrivent entassees dans des camions, vetues de noir, pour rendre hommage au mort. Elles se presentent les unes apres les autres, un speaker indiquant les noms et origines, portant des plateaux de the et de cafe en signe d'offrandes.
Preuve du haut degre de civilisation de ce peuple, les familles contribuent egalement sous forme de beaux cochons noirs qui ne tardent pas a passer l'arme a gauche puis sur le grill. Je me suis tout de suite senti bien au milieu d'eux :-).
De temps en temps, pour ne pas perdre la main, c'est un buffle qui y passe. Sa chair est immediatement distribuee a la famille selon des regles vaguement liees a l'arbre genealogique.
Comme le billet d'avion pour venir ici depuis l'Europe coute deux buffles, c'est un honneur pour eux de recevoir la visite d'etrangers et on a eu la chance d'etre invite par un fils du mort dans une de ces maisons temporaires, le temps d'assister au combat de buffles qui excite les parieurs.

En remerciement, on amene de menus cadeaux sur les conseils de tous les guides et de l'office du tourisme : des bonbons pour gater les dents des enfants et des cartouches de cigarettes pour perpetuer (et accelerer, parce que c'est bon pour le commerce) cette tradition des ceremonies funeraires.

Le mort observe tout ca depuis la plus haute plate-forme, dans son cercueil tendu de velour et d'or, au milieu de ses greniers a riz (les maisonnettes au toit rigolo), ses anciens potes dansant en rond et chantant.
Le troisieme jour, ce qui reste des buffles est trucide ou vendu aux encheres pour renflouer les caisses et le dernier jour, le corps sera emmene durant la nuit pour etre conduit et descendu aux moyens de cordes jusqu'a une tombe excavee dans une falaise et gardee secrete pour dejouer les pilleurs de tombes.
16 août 2009
Au milieu des volcans

Quand on se reveille le matin a Tomohon et qu'on regarde par la fenetre, ca titillle de monter voir a quoi ca ressemble de pres. Mais comme on n'est pas dans le Massif Central, le proprio de l'hotel s'empresse de nous dire que ce volcan qui nous tend les bras est interdit d'acces en ce moment, les vulcanologues ne sachant pas vraiment quand ni avec quelle force il va peter.

Pourtant quand c'est calme, un volcan c'est mignon comme tout, ca offre des pentes fertiles et du sommet, depuis le bord du cratere, un beau lac souffre et des panoramas sur toute la region jusqu'aux iles de Bunaken (voir plus bas).
Avant l'arrivee du christianisme, les chaleureux et accueillants habitants des lieux disposaient leurs morts dans des "warunas", sortes de
boites de pierre au lourd couvercle sculpte. Le corps etait assis en position foetale.
Comme toutes ces activites physiques et culturelles ca donne faim, on profite des nombreux restaurants sur pilotis repartis
autour du lac de Tondano pour se refaire a coup de poisson grille et de Bintang (j'apprends le bahasa indonesia en m'amusant : bitang = etoile), la biere nationale.
13 août 2009
Plongee sous LSD

L'ile de Bunaken flotte au milieu de son lagon au nord de Sulawesi. Le matin, les pecheurs sillonnent la baie en pechant le thon a la ligne et en jetant des appats derriere eux. Mais les dauphins semblent beaucoup plus efficaces pour reperer les bancs. Il suffit de se rapprocher du banc de thon pour voir debouler la bande de dauphins.
Une centaine d'individus qui se permettent de jouer, de faire des cabrioles pendant leur chasse. Certains viennent s'amuser
devant l'etrave du beateau avant de plonger vers les profondeurs poursuivre leur chasse.
La seule envie qu'on a, c'est de pouvoir les suivre.
Une fois la nuit tombee, on est trois a s'equiper avec les combinaisons, le materiel de plongee et les lampes de poches pour traverser la plage. Ca fait un peu ambiance James Bond.
La mer est d'huile sous le ciel etoile, on a la voie lactee au-dessus de la tete alors qu'on traverse le lagon en direction du recif.
On vide les gilets et on penetre dans un monde de silence et de tenebres, seul apparait ce que dessine le pinceau de la lampe.
Le coloriste a du forcer sur le LSD, ca ressemble a une
pochette d'album d'un groupe de rock californien des annees 70.
Les coraux roses ont sorti leurs tentacules jaunes fonces, on voit des boules bleues a pois jaunes, des coraux verts, rouges. Un enorme poisson perroquet qui dort dans une grotte semble avoir revetu son pyjama bleu avant d'aller dans sa chambre tapissee de rose.
Les petits poissons qu'on a l'habitude de voir la journee dorment blottis dans les bras des coraux ou au fond du coussin moelleux d'une eponge.
Toutes sortent de crabes et de crevettes sont actifs la nuit, on repere leurs milliers d'yeux un peu partout sur le recif.
Une tortue qui sommeille posee au fond s'affole, monte rapidement prendre une goulee d'air a la surface avant de replonger et de s'assomer a moitie contre les coraux. Elle doit aussi voir les etoiles, la phosphorescence du plancton qu'on voit autour de nous quand on eteint les lampes.
10 août 2009
Completement Mabul de Sipadan

Hormis les jeux de mots pourris pour les titres des messages, les iles de Mabul et de Sipadan, au sud-est de Borneo, offrent (c'est pas moi qui le dit, c'est leur pub) des plongees parmi les plus belles du monde. Et de ce que j'ai vu, c'est difficile de dire le contraire.

Par la grace de Dieu et des autorites malaisiennes, l'ile de Sipadan est protegee par un parc national et les hotels ont meme ete demontes pour preserver ce site exceptionnel. On loge donc sur Mabul qui accueille aussi des villages de maisons de bois montees sur pilotis de refugies/pecheurs philippins, proteges par la barriere de corail qui ceinture le lagon.

Attrapez vos masques et vos palmes, mettez votre ceinture de lestee de plombs, la bouteille d'air comprime sur le dos et laissez vous guider au milieu des merveilles de ces eaux chaudes.

Les poissons clowns qui jouent les gros bras pour vous impressionner avant de filer se refugier dans leurs anemones se disputent la place d'animal le plus cool du recif avec les tortues. D'apres leur taille, on peut estimer l'age des tortues vertes. La plus grosse que j'ai croisee dans les parages de Mabul faisait plus de deux metres, ce serait une venerable grand-mere de plus de 90 ans.

Les guides locaux n'ont pas manque pas d'originalite en nommant "barracuda point" l'endroit du recif ou se rassemblent en permanence un enorme banc de plusieurs centaines de... barracudas. Lorsqu'il n'y a pas de courant, ils se mettent parfois a tourner en cercle et on peut se glisser dans l'oeil de ce cyclone aquatique, ces fusees d'argent a portee de main.

La particularite de Sipadan, c'est qu'elle est le sommet a peine affleurant d'une tour rocheuse au milieu de l'ocean. A cinquante metres de sa plage, la falaise plonge verticalement sur 600 metres, avec parfois d'esthetiques surplombs et des cavites ou dorment parfois des tortues. Les eaux riches permettent un developpement foisonnant de la vie. Premier maillon de cette chaine, le plancton permet aux coraux de se developper, ceux-ci etant des nurseries pour des nuees de poissons colores eux-meme servant de nourriture aux predateurs plus gros comme les requins et les barracudas.

Lorsqu'on nage le long de l'immense falaise, on a parfois la surprise de voir surgir de l'ombre un requin a pointe blanche qui remonte des profondeurs pour patrouiller le recif a la recherche de nourriture. Mais la plupart du temps, les requins a pointe blanche dorment paisiblement poses sur le sable, bien loin de l'image terrifiante de leurs copies de plastique des "dents de la mer".

On commence toujours la plongee en descendant au point le plus profond que l'on souhaite atteindre, vers 30 metres en general, pour remonter progressivement pendant environ une heure. On observe la vie qui s'est developpee sur le rocher, toutes les especes de coraux, les murenes qui se cachent dans leur trous, les crevettes nettoyeuses a l'abri de leur corail.

Et pour le palier de decompression, on profite du spectacle a 5 metres de la surface, ces nuages de poissons rouges ou roses, les tortues qui passent.
Ca ne semble pas evident au depart de se lasser de voir passer les requins et les tortues, mais pourtant... J'ai decouvert pour la premiere fois dans ces plongees qu'a l'autre bout de l'echelle, on est recompense de trouver des animaux minuscules, de quelques centimetres, crevettes translucides, nudibranches aux formes surprenantes et aux couleurs parfois psychedeliques.
Ca devrait se passer comme ca dans les trois prochains mois (au moins), alors si ca vous tente...
03 août 2009
Les hommes de la foret

C'est l'heure du repas et l'excitation commence a monter au sein du groupe de jeunes males. On se bouscule, on bombe le torse, on grongne, on montre aussi les dents. Et la tension monte d'un cran supplementaire, ca s'agite, ca trepigne, les torses se bombent d'avantage, on peut meme entendre des cris lorsque passe la jeune femelle hollandaise aux jambes fuselees et a la poitrine genereuse.
C'est la que j'ai decide que ca ne me ferait pas de mal d'arreter de voyager avec ces compagnons-la et d'aller voir les orang-outans en solo.
Je ne voudrais pas ternir la reputation de leur pays en disant son nom deux jours apres leur fete nationale. Ils ne sont pas mechants, c'est juste leur complexe d'inferiorite qui ressort parfois mais ils suffit de leur dire que leur petit pays montagneux fait le meilleur chocolat au lait industriel du monde et que leurs montres sont cheres mais vraiment bien et ca passe.
Pour en revenir a nos hommes (orang) de la foret (utan), le
centre de rehabilitation de Sepilok accueille de jeunes primates orphelins afin de leur sauver la vie dans un premier temps puis de leur apprendre a revivre dans la nature.
Un orang-outan ne devient pas orphelin par hasard. Il faut savoir que l'ile de Borneo se voit amputee de sa magnifique
foret primaire par des investisseurs qui plantent en lieu et place des palmiers a huile. Double jackpot pour ces investisseurs venus d'un pays (encore une fois, pas de nom) qui a pour habitude de vider les mers de leurs requins (il parait qu'en soupe ca les aide a surmonter leurs problemes de petites b**es), d'eradiquer le peuple tibetain et d'arreter en masse les opposants du Xin Chiang, les memes qui fabriquent nos ecrans plats, nos ipods et nos chaussures de sport d'ailleurs.
Donc la maman orang-outan va picorer quelques graines dans les palmiers (vu qu'a la base, c'est chez elle), se ramasse une valda dans le buffet comme disait Audiar et le petit devient un animal de compagnie nourri au riz et au poulet frit qui composent bien evidemment son regime alimentaire habituel.
Une femelle orang-outan met bas trois a quatre fois dans sa vie et il faut neuf a dix ans pour qu'elle transmette son savoir a son petit afin qu'il se debrouille dans la foret. C'est pour cela que cet animal est tant en danger.
Les scientifiques et le personnel du centre remplacent la mere en apportant au jeune orphelin affection et nourriture. Puis vient le temps de la formation ou ils apprennent a se balancer a bout de bras (et de jambes, ca marche aussi bien), a se deplacer dans les branches.
Plus tard, il faut leur montrer quels fruits, quelles feuilles manger, essayer de leur faire
comprendre que les serpents arboricoles sont dangereux, etc...
Un camarade plus age auquel ils s'attachent aide egalement a la formation car ils apprennent tres vite par mimetisme.
Et peu a peu, les attirer de plus en plus loin dans la foret en les
nourrissant sur des plate-formes toujours plus eloignees du centre pour
qu'ils retrouvent leur autonomie et une vie dans
des reserves plus
vastes.
01 août 2009
Une triplette de belles iles et tempete au cap

Rien de mieux que la balneotherapie pour se remettre du periple dans la jungle. On profite d'une cure de poisson grille au diner pour se refaire la sante et des iles a portee de bateau de Kota Kinabalu pour faire trempette. Pulau Manukan, Mamutik et Sapi sont a moins de 30 minutes de bateau rapide de la capitale de l'etat de Sabah. Elles offrent des jardins de corail magnifiques immerges a peu de profondeur. Si les poissons sont de taille modeste compares a ceux que j'ai pu voir a Palau Perhentian, la variete des coraux compense largement.

En faisant le tour de Sapi par les rochers, on traverse de petites plages desertes. Enfin, desertes... il y a bien quelques traces qui me laissent penser que je n'aimerais pas etre reveille d'une seance de bronzage pas la bestiole qui les a laissees.
Laquelle bestiole et quelques une de ses soeurs sont occupees plus loin a devorer des carcasses de poissons laissees la a leur intention.

Histoire de changer d'air, je pars a la pointe de Borneo profiter de la tempete qu'envoient les Philippines toutes proches.
Les falaises de gres du cap sont balayees par le vent. La plage de sable blanc ne voit qu'un seul touriste promener ses tongues et profiter egoistement des vagues.

Comme le cap beneficie selon l'office du tourisme local de couchers de soleil parmi les plus romantiques du monde, je suis bien content de l'epaisse couverture nuageuse qui arrive en fin de journee...

Jeu concours : qui peut me donner le nom de cette espece de poisson que je croise depuis l'Inde mais que je n'ai jamais vu dans l'eau : meme pour se deplacer, il ricoche a la surface pour aller se reposer plus loin? Des zoophiles dans l'assistance? Heu... des naturalistes voulais-je dire?
Au bout de la plage, la mangrove vient lecher le sable. C'est le terrain de jeu ou s'eclatent les poissons sauteurs qui n'aiment pas l'eau. 
25 juillet 2009
Le sentier des coupeurs de tetes

Il y a comme un petit gout d'aventure quand on met ses pas dans ceux des coupeurs de tetes de Borneo. D'apres ce que nous dit le parc national de Gunung Mulu, les coupeurs de tetes empruntaient ce chemin pour aller faire des razzias dans les tribus voisines ; nous utiliserons les memes moyens de deplacement qu'eux : pirogue et marche.

La pirogue a depuis ete munie d'un moteur hors-bord mais le faible niveau de l'eau impose aux passagers de descendre se faire masser la plante de pieds par les galets de la riviere et de pousser l'ambarcation.
Apres de la marche a plat dans la jungle, on atteint le camp ou l'on passera deux nuits et l'on se prepare a affronter la montee du lendemain aux "pinnacles".

Le parc a la facheuse tendance a imposer un guide pour le moindre deplacement mais il se trouve que le guide (et le reste du groupe de 15 personnes) n'etait pas pret a l'heure dite. Il m'a revu quand je redescendais du sommet. C'est une belle montee en foret et dans des barres rocheuses equipees d'echelles et de passerelles. On debouche aux fameux "pinnacles" qui sont en fait de gros lapiaz qui dominent la foret.
La foret s'etire mille metres plus bas, elle se reveille et le soleil la deshabille des derniers voiles de brume nocturne qui la couvrent.
A cote du camp, la riviere offre une belle piscine naturelle ou nagent des sortes de truites. Christelle m'arrete a temps en me rappelant qu'on est dans un parc national ; j'etais sur le point de me fabriquer un filet avec ma moustiquaire pour ameliorer le diner.
Le lendemain le piroguier nous rejoint en chemin et nous descendons la riviere pendant quatre heures. On alterne les
passages calmes aux eaux profondes et les rapides ou il faut jouer de la pagaie et de la perche pour passer, voir porter/pousser l'ambarcation echouee sur les galets.
Nous prendrons un repos merite dans une "longhouse", une maison communautaire ou vivent une centaine de personnes. Chaque famille se voit assigner une piece pour vivre et les habitants se retrouvent volontiers le long d'une galerie couverte qui court le long de la maison pour passer la soiree. L'occasion constater que les enfants d'ici, comme leurs copains de France, en redemandent quand on leur prend les mains pour leur faire faire l'avion (et que leurs meres, commes les meres francaises ont peur qu'on les balance contre le mur :-).
20 juillet 2009
Les bebetes de Borneo
Le sous-sol calcaire du parc national de Gunung Mulu abrite un des plus vastes reseaux de grottes du monde. En explorant ces reseaux a la lueur de la lampe frontale, on est etonne par le foisonnenement de la vie a Borneo qui s'acharne a venir occuper ces endroits sombres et retires.
A plusieurs centaines de metres de l'entree, on trouve des serpents (comme de petits pythons) endormis dans des trous de la roche, une profusion d'insectes. Les chauves-souris et des sortes d'hirondelles s'enfoncent de plusieurs kilometres sous la terre.
A la tombee de la nuit, des millions de chauves-souris quittent l'immense grotte de Dear cave pour aller se nourrir d'insectes au-dessus de la foret. Les vols de plusieurs milliers d'individus commencent par tourner en cercle a la sortie de la grotte pour se rassembler avant de s'elancer entre les parois de la gorge couverte de fougeres geantes. Le battement de leurs ailes s'entend de loin.
Lorsque la nuit est la, le volume sonore de la foret augmente considerablement. C'est le moment de ressortir pour essayer de surprendre quelques habitants de la foret.
Les plus faciles a reperer sont les araignees dont les yeux refletent la lumiere des diodes de la lampe, on peut voir une dizaine d'especes differentes en quelques minutes.
Lorsqu'on eteint les lampes pour se retrouver dans l'obscurite complete, l'odorat et surtout l'ouie prennent une dimension impressionnante pour remplacer la vur defaillante.
Les cris des singes, les appels (amoureux?) des princes/grenouilles, les frolements, les crecelles, les sifflets des insectes emplissent la nuit.
Apres avoir vu s'ebattre ce couple de sauterelles dont les couleurs et les formes se confondent avec les feuilles, je n'entendrais plus jamais leurs stridualtions de la meme oreille.
15 juillet 2009
La presqu'ile de Bako

Apres etre passe dans quelques coins sympas au cours de ces derniers mois, le voyage prend une nouvelle dimension. En posant le pied a Borneo, on entre dans un monde preserve, plus sauvage. Les especes animales et vegetales sont tout a fait differentes de ce que l'on peut connaitre.

A la difference de chez nous, ici les sangliers ont de la barbe mais il est tout aussi difficile de les convaincre de venir bronzer un moment sur un barbecue meme si on leur promet de les masser avec du miel et de l'huile d'olive.
Je n'ai pas tente de manger ces champignons jaunes fluorescents ; je me suis mefie des mondes qu'ils pourraient m'ouvrir...

Dans la mangrove, a maree basse, des varans viennent faire bronzette. On dirait que leur peau porte les motifs des lignes de bagages Louis Vuitton. Ca doit etre pratique si on veut en faire des sacs a main (je repete que je n'ai pas touche aux champis).
Les anglo-saxons appellent ces varans des lezards moniteurs. Ils peuvent nager dans les rivieres ou entre les iles, on les appelle alors des lezards moniteurs de natation.
La foret abrite aussi trois especes de singes. Les nasiques au long nez qui sont assez timides, les langours gris a face noire dont le
bebe est roux et les macaques qui n'hesitent pas a mener des raids contre les touristes hollandais sur la terrasse de la cafeteria du parc pour piquer dans les assiettes.
La vipere verte est plutot sedentaire, elle peut rester sur la meme branche pendant plusieurs jours d'affilee. Elle se confond avec le vert des feuilles et chasse a l'affut.
Celle-la doit etre devenue aveugle a force de voir defiler des touristes qui lui mettent le flash dans les yeux.
Grace a la protection offerte par le statut de parc national, les animaux se laissent assez facilement approcher. En quelques centaines de metres de balade, on rencontre differents
eco-systemes, de la foret tropicale a la mangrove en passant par une foret de type mediterraneen dans les zones sommitales plus seches.
Et au bout du chemin, on debouche sur un promontoire rocheux qui offre une vue formidable sur des plages desertes.
Adossees a la foret, elles sont encadrees de chaque cote par des falaises de gres ocre. Apres la baignade, on change de plage en suivant les rochers du littoral que la maree basse a decouverts pour une balade a fleur d'eau.






























