18 février 2009
Et les plages de Birmanie
Apres toute cette culture, les temples, les bouddhas (avec 2 b en francais, comme bouddhisme, merci Jacqueline), sans parler de l'ambiance "interessante" qui regne toujours dans ce genre de riante democratie, il me fallait absolument prendre des vacances pour ne pas risquer le nervous breakdown.
Et quoi de mieux indique que les bains de mer pour se delasser?
Comme pour le reste en Birmanie, il y a deux choix. La version pour les touristes occidentaux (Allemands en tours organises pour la plupart) et la classe aisee birmane (0.005% de la population) et la version pour ceux qui n'ont pas forcement envie de se meler aux sus-mentionnes et preferent voir la classe moyenne (deja que les pauvres ne partent pas en vacances, imaginez un pauvre Birman) s'ebattre dans les eaux du golfe du Bengal.
Le Birman s'ebat completement habille dans sa zone de confort ne devant pas depasser 50 cm de profondeur, assis dans une chambre a air de voiture louee pour l'occasion. Il se rapproche en cela assez de l'indien qui a des aptitudes aquatiques pudiques et limitees.
Mais ca vaut quand meme le coup d'aller voir si sur les plages ou s'ebattent les riches, le sable n'est pas plus blanc et l'eau plus bleue.
Pas tant pour la plage en elle-meme que pour la facon de l'atteindre.
Il faut d'abord enfourcher un scooter, au village de pecheurs, charger passagers et moto sur une barque, decharger de l'autre cote du bras de mer dans la mangrove, filer a travers la mangrove sur une piste boueuse, recharger l'equipage sur une autre barque, redecharger, rouler a fond sur une plage, recharger sur une autre barque, debarquer sur une autre plage, rouler dans la foret de cocotiers puis dans les collines pour enfin, arriver au sable tant espere.
Il se trouve que c'est une plage : du sable, la mer.
Mais une fois de plus dans ce voyage, l'important ce n'est pas la destination mais le chemin pour y aller, ceux avec qui on y va et ceux que l'on croise en route.
12 février 2009
Les gondoles d'Inle
L'objectif du trek precedent etait de rejoindre le lac d'Inle dont la platitude offre un spectacle appaisant en contraste avec les collines qui l'entourent. Son fond (3 metres au mieux) est tapisse d'herbe et des flotilles de bateaux rayent sa surface a longueur de journee, transportant passagers et marchandises entre les villages de ses rives.
La vie s'organise autour des ruelles, rues et avenues d'eau sur lesquelles les villageaois se deplacent en pagayant. Leur equilibre et leur aisance montrent qu'ils sont quasiment nes sur ces elegantes barques.
Outre la peche au filet ou avec leurs casiers coniques, les villageois creent d'etonnants jardins flottants dans les zones les moins profondes du lac. Ils empilent des jacynthes d'eau, ces fameuses herbes qu'ils arrachent au fond du lac et recouvrent le tout de terre. Les fruits, legumes et fleurs qui poussent sur ce riche substrat alimentent les marches qui ont lieu chaque jour a tour de role dans les villages autour du lac.
Meme les moines se mettent a travailler dans le tourisme : ils dressent des chats a sauter dans leur monasteres. Malheureusement, lors de notre passage les chats ne sautaient pas suite a un diner trop copieux. Les moines etaient tout a fait au courant du licenciement de Scolari de Chelsea la veille, connaissaient tout les joueurs et les resultats du championnat de foot anglais. Je me demande quand ils trouvent le temps d'etudier les enseignements du boudha apres tout ca.

Le soir venu, tout le monde profite des derniers rayons du soleil pour filer chez soi a pleine puissance du moteur ou des rames, pour retrouver le foyer avant la nuit.
07 février 2009
Mieux que le bus
Apres huit heures de bus sur la pire route que j'ai rencontree depuis le debut du voyage (oui Sylvain, pire que dans le Pamir), j'ai decide que j'avais assez mange de poussiere comme ca et qu'avant de finir dans le precipice, il valait mieux que je finisse a pieds en trois jours plutot que d'affronter encore trois heures de transport penibles.
Sans le lapin roti au romarin ni le vin des cotes du Luberon, ca ressemble un peu aux Baux de Provence voire aux Dentelles de Montmirail.
Le chemin est a vrai dire a peine moins poussiereux que la route mais je prefere ca a la boue et aux sangsues assoiffees de la mousson. Certes, je manque les rizieres vertes mais les moisssons du ble sont egalement un beau spectacle.
Ce trek permet egalement de vivre une soiree dans un monastere, seule forme de logement dans le village ou il est possible de prendre une douche (froide).
Il y a une multitude de monasteres au Myanmar. Generalement, un moine un peu age y encadre une dizaine de novices, tous vivant grace a la generosite des villageaois qui sont les parents des susdits novices.
L'inconvenient de ce type de logement, lorsque l'on dort dans la salle principale du temple, c'est le caractere intempestivement matinal du boudhiste birman. A cinq heures du matin, priere. Visiblement, personne ne leur a enseigne une valeur centrale du boudhisme : la Compassion (pour ceux qui dorment).
03 février 2009
La plaine de Bagan
L'avantage des transports birmans et de leurs horaires de depart improbables (generalement entre 4 et 6 heures du matin), c'est qu'on n'a plus besoin de se reveiller expres pour voir le lever du soleil, on est deja sur le pont du bateau depuis un bon moment.
Et comme le bateau tombe en panne de generateur le soir entre Madalay et Bagan, ce qui nous empeche de naviguer, on a meme droit a deux levers de soleil sur l'Irrawady et une nuit gratuite sur le pont du bateau. Et il y a des gens qui se plaignent...
Au bout de ce periple, on arrive a Bagan (oh tiens, une autre ancienne capitale!)
.
Une dynastie de rois sans doute tres pieux s'est attachee a couvrir la plaine de stupas entre le XIe et le XIIIe siecle.
On trouve l'inventaire complet de l'art boudhiste : des payas en pierre, des blanchies a la chaux, des dorees a la feuille d'or, des statues de boudha debout, des statues de boudha assis, des de boudha couche, des boudhas peints sur les murs, etc...
C'est agreable de se promener en velo sur les routes et les chemins sabloneux qui parcourent la plaine entre les monuments.
La plupart des payas ne sont plus visitees que par les touristes mais dans certaines des plus importantes, les Birmans viennent prier avec ferveur.
Il faut savoir un peu ruser et fuir a l'approche des bus des groupes en voyage organise.
Et pour profiter au calme des couchers de soleil (la chasse au coucher de soleil est le sport local), rien de tel que de se laisser guider par les jeunes du coin qui savent chez qui
trouver la clef qui donne acces au toit.
30 janvier 2009
Promenons nous ches les Shans
Au nord de Mandalay, j'ai trouve un de ces coins de campagne que j'affectionne tant. La region est peuplee par la minorite Shan qui serait venue de Chine en deux vagues de peuplement il y a 2000 ans et 900 ans. A cote des stupas boudhistes qui parsement la campagne et des monasteres, de nombreux autels animistes se dressent a l'entree des villages et devant les maisons.
Les gens cultivent le riz apres la mousson mais utilisent les rizieres a la saison seche pour le ble ou le soja.
A partir de midi, il commence a faire trop chaud et les rayons du soleil sont trop ardents, les paysans doivent cesser de labourer et mener les buffles d'eau a la riviere pour les laisser barbotter au frais.
La vie rurale est tres active et c'est l'occasion de retrouver des metiers que l'on ne voit quasiment plus chez nous.
Les paysans portent leurs cacahouetes au moulin pour en tirer de l'huile mais, en l'absence de noix, le meunier se fait menuisier et utilise la force de l'eau pour tourner des rembardes de blacon. Plus loin se sont des forgerons qui martelent les machettes et les pioches qui sont utilisees dans les champs.
Sur le chemin de la cascade, une famille coupe la canne a sucre avant de la presser et de faire bouillir le jus pour fabriquer de larges plaques de delicieux sucre.
C'est la fin de la journee, les paysans sortent des champs et rentrent chez eux, une botte d'herbe sous le bras pour faire la soupe du soir.
La riviere qui descend des sources d'eau chaude permet aux buffles de se delasser apres leur dure journee de travail. En amont, des enfants y plongent et plus generalement, tous les villageois l'utilisent comme salle de bain collective. Les femmes font leur toilette enveloppees dans leur lungyi qui fait office cabine de bain et en profitent pour faire leur lessive.
Le soleil commence a baisser, il est l'heure d'emprunter le sentier qui monte au monastere qui surplombe la vallee pour profiter au calme de ses derniers rayons.
28 janvier 2009
Les Freres Moustache

Comme nous l'avions si bien anticipe avec Ben durant notre periple en Chine, la moustache est vraiment tendance.
Pour preuve, la compagnie des Freres Moustaches de Mandalay qui arborent fierement leur genereux attribut, heritiers d'une forme de spectacle traditionnel birman qui mele theatre, musique, danse, vaudeville et humour.
Les comediens voyageaient de village en village, commencant le spectacle le soir et n'arretant qu'a l'aube quand les spectateurs y voyaient assez clair pour ren
trer chez eux.
Dans la lignee de derision et de critique du pouvoir, Par Par Lay, un des freres a donne un spectacle en 1996 en soutien a l'opposante et prix Nobel de la Paix Aung San Suu Kyi, denoncant la corruption a tous les niveaux de l'Etat, ce qui lui a valu 7 ans de reclusion dont 5 ans de travaux forces. Apparemment, le pouvoir n'a pas aime qu'il appelle "boite a offrandes" le casque des policiers (j'ai vu a maintes reprises le billet que glisse le chauffeur de bus au policier qui arbore le regard mauvais d'un douanier ouzbeque).

Lors d'une visite en prison, sa femme est passee devant lui sans le reconnaitre tant il avait perdu de poids et avait perdu ses cheveux.
Les Freres Moustaches sont une des seules voix d'opposition dans le pays, assister a leur spectacle et les faire connaitre peut etre pour eux une forme de protection.
Depuis les manifestations de 2007, ils assurent egalement la subsistance de nombreux moines emprisonnes grace aux donnations qu'ils recoivent lors du spectacle quotidien.
Chapeau bas pour ces messieurs qui risquent tellement a continuer a l'ouvrir.
27 janvier 2009
Mandalay

Mandalay fut une des capitales du pays et elle est entouree de villes qui furent elles-memes d'anciennes capitales ; c'est un des sports nationaux que de changer la capitale de place de temps en temps.

L'embarquadere sur la berge de l'Irrawady deborde d'activite, passagers et marchandises afflux. J'embarque pour une heure a remonter le fleuve, esperant apercevoir les fameux dauphins d'eau douce de l'Irrawady... avant d'apprendre qu'en saison seche (maintenant), ils remontent le fleuve a la recherche d'eau plus profonde.

Mais ce trajet n'est pas vain car ils conduit au plus gros tas de briques du monde. Les travaux de ce qui devait etre la plus haute stupa du monde (150m) ont ete arretes a la mort du roi commanditaire et le premier niveau, qui est deja impressionnant, abandonne aux tremblements de terre et intemperies variees.

A cote ce dresse une autre stupa pour laquelle l'architecte a du prendre modele sur un gateau a la chantilly.
Le palais de Mandalay qui fut une prison avant d'etre reconstruit grace aux glorieux efforts de la nation enthousiaste (travaux forces des prisonniers) offre de jolies perspectives pour les couchers de soleil.
25 janvier 2009
Boudha bling bling
L'arrivee au Myanmar (nouveau nom de la Birmanie) met tout de suite dans l'ambiance. Le temps de passer me laver les mains en debarquant a l'aeroport, je suis accueilli par un sourire qui arrive a exprimer a la fois la joie et la fierte de me recevoir dans ce pays... et on me tend une serviette.
Voici donc la gentillesse des Birmans que m'ont vantee tous les amis qui ont visite ce pays.
Le Myanmar est un carrefour. J'y ai retrouve avec plaisir les lunguis (ou sarongs) des indiens noues differemment, les crachats rouges et l'odeur du betel mais on sent aussi l'influence de la Chine et la Thailande est juste au sud. Les rues de Yangoon, l'ancienne capitale, ressemblent a celles des capitales de l'Asie Centrale avec les trous beants au milieu des trottoirs qu'il s'agit d'eviter.
Bref, j'ai tout de suite compris que ca allait me plaire.
Dans ma tournee mondiale des trucs dores rigolos, Yangoon abrite la paya (les tibetains disent stupa ou alors pagode) de Shwedagon. Rien que l'or le plus fin offert en adoration a Boudha qui n'en demandait sans doute pas tant, feuille par feuille, colle sur la cinquantaine de metres du dome.

Les Birmans sont de fervents boudhistes (theravada), chaque garcon (et certaines fillettes) "prend la robe" dans son enfance. Les moines arpentent les rues le matin leur bol a offrande sous le bras pour recolter leur repas quotidien.

Les moines ont donc un fort pouvoir spirituel sur la societe. C'est sur les marches qui donnent acces a l'esplanade de Shwedagon qu'ils ont initie leur contestation reprimee dans la douleur en 2007.























































