10 janvier 2009
Un paradis de lacs et de canaux

La nature retient son souffle, quelques poissons percent le miroir de l'eau pour attraper des insectes, les oiseaux commencent a s'echauffer pour prendre leur envol, les bateaux-bus n'ont pas encore commence leurs rotations. Tout est calme et paisible dans les "backwaters" du Kerala. C'est l'instant magique ou le soleil va lancer son premier rayon a travers les cocotiers qui barrent l'horizon.

Nous avons opte pour la croisiere luxe pour decouvrir les reseaux de canaux et de lacs du Kerala. Une flotte importante de barges a riz reconditionnees (il n'y en a pas beaucoup qui ont vraiment vu du riz dans leur carriere) emmene les touristes emerveilles sur les eaux paisibles.

Pour les chanceux qui ont l'heur de connaitre, pensez au marais poitevin et remplacez les saules pleureurs et les hetres par des cocotiers et les patures des vaches par des rizieres. La meme douceur, la meme nonchalance et le rithme doux de la navigation : l'eloge de la lenteur.
Les conditions deviennent parfois difficiles quand il faut choisir les enormes crevette-tigres d'eau douce qu'un pecheur vient nous proposer en nous abordant sur sa barque.
Puis viennent les questions metaphysiques sur le choix des noix de coco, comment y introduire la quantite idoine de rhum et de sucre de canne avant de boire ca a la paille, etc...
Je dois remercier encore une fois Gaelle et Jerome qui ont su m'epauler dans ces moments difficiles.
Les rizieres qui entourent les canaux offrent des promenades
pour saluer une derniere fois l'astre du jour avant de rejoindre le bateau ou le cuisinier nous a concocte du succulent diner (enormes crevettes, voir plus haut).
Et comment relater le plaisir de passer la nuit sur le pont du bateau a ecouter vrombir les moustiques bien a l'abris sous la moustiquaire?
06 janvier 2009
Hampi
Lorsqu'on arrive a Hampi, l'elephant qui se fait gratter le ventre par son kornac dans la riviere, nous salue. Les gens qui se baignent a cote semblent tout aussi heureux, peut-etre que quelqu'un leur gratte aussi le ventre.
Puis la partie moins drole commence lorsqu'il faut traverser la riviere (pas vraiment en furie) sur une coquille de noix.
Pour les privilegies qui connaissent Rodes (en Roussillon), sa riviere, ses saucisses catalanes grillees accompagnees d'aioli et de vin de caladroit et surtout sa riviere aux rochers ergonomiques, on retrouve un peu l'ambiance, les elephants en plus.
Pour se remettre de ces emotions, le petit dejeuner sur les coussins de la terrasse de l'hotel est assez efficace. Le plus dur est encore de detacher le regard des rizieres, des cocotiers et de la riviere dans le fond...
...parce qu'on est a Hampi pour decouvrir une civilisation millenaire qui a grave sa foi hindouiste dans le granit aux alentours du XIVe siecle.
Certains primates et autres grimpeurs munis de crashpads decouvrent le site d'une autre maniere qui fait mal aux bout des doigts et fait durcir les avant-bras.
Lorsqu'on s'eleve parmi les blocs rocheux, le site avec ses grosses pyramides au milieu du village, les chaos de blocs, les coudes de la riviere et les plantations de bananiers parsemees de cocotiers apparaisssent dans toute la splendeur du soleil couchant.
Une balade dans les plantations mene a une serie de petites cascades (desole pour les fans, pas de photo, je n'etais pas seul).
Et tout autour du village, plus de 400 temples de granit se dressent dans la campagne. Encore un endroit de l'Inde qu'il est dur de quitter.
01 janvier 2009
Le dernier jour

Comme si tout ce bonheur des derniers mois a voyager et a decouvrir le monde ne suffisait pas, la derniere journee de 2008 s'est passee entre diverses plages de Goa avec Gaelle et Jerome qui m'ont rejoint pour deux semaines au paradis.
Le rythme effrene commence avec une baignade pour finir de se reveiller dans les vagues a Agonda.

Puis l'instinct de l'aventurier reprend le dessus et nous guide vers Palolem et Patnem. Apres avoir profite du surf, une promenade sous les cocotiers nous permet de trouver une fete pour le soir et nous admirons le dernier coucher de soleil de l'annee.

J'en profite pour vous souhaiter une tres heureuse annee 2009 pleine de decouvertes et de rencontres. Au risque de me repeter, je vous invite a venir partager un bout de ma balade, le cadre des prochains mois devrait ressembler fortement a ce que vous voyez sur ces photos.
24 décembre 2008
Joyeux noel a tou(te)s
Joyeux Noel famille et amis cheris!
J'espere que vous pourrez profiter de ces moments de partage en famille (j'avoue que ca me pese un peu d'etre loin de vous dans ces moments-la).
Au cas ou certain(e)s s'inquieteraient pour moi, c'est vrai que c'est dur. A chaque fois qu'il faut rentrer dans l'eau, c'est le choc thermique des 29 degres alors que sur la plage il fait 35. La biere arrive parfois a ma table a 7 degres alors que le brasseur preconise 5 ou 6. C'est insoutenable! Le bruit de vagues qui deroulent mollement sur le sable fin m'entraine dans une torpeur dont seul un deplacement vers le bar peut me liberer.
Vous pouvez voir mon hotel sur la premiere image a droite de la tete du pecheur qui est debout derriere le rocher et la vue de ma chambre sur la deuxieme image.
Le soir en levant les yeux, les etoiles s'encadrent entre les cocotiers, c'est magique.
Que vous soyez au chaud ou dans le froid, seul(e) ou en famille, je vous souhaite un tres joyeux Noel et aussi d'avoir une pensee pour ceux qui n'ont pas la chance de connaitre ce bonheur.
20 décembre 2008
Pondicherry
Les Indiens essaient bien de camouffler les panneaux des noms des rues avec des affiches pour des films de Bollywood, les noms sont ecrits en francais. Souvent des militaires du XIXe siecle, donc ce sont souvent des De Monderriere, mais des De Monderriere francais!
Il flotte dans Pondicherry un parfum de France et que ce parfum est agreable au voyageur qui vous a quitte dans ce qui semble etre une autre vie!
Le monument aux combattants des Indes francaises morts pour la patrie entre 1914 et 1918 et le batiment des travaux publics nous rappellent cet autre temps des colonies.
On trouve ici du coq au vin et du filet au roquefort, c'est un elements positifs amene par la colonisation.
Mais les parfums de l'Inde viennent se meler aux notes francaises : les parties de petanques le long du canal ne fleurent pas le pastis mais le paan (la noix de betel) et sur ce qui ressemble a la Promenade des Anglais, c'est un Gandhi de bronze qui semble venir de la plage.
Et comme d'habitude la vie bouillonnante de l'Inde des que l'on s'eloigne du quartier francais, le probleme de faire entrer 15 fillettes dans un rikshaw.
Et a travers le hazard des rencontres du voyage, je me retrouve devant un spectacle de danse de l'Orissa, un etat voisin.
Les danseuses evoquent des epopees mythologiques dans leurs contorsions et leurs dehanchements, les dentelles qu'elles brodent dans l'air avec leurs doigts. On voit apparaitre des oiseaux, des fleurs, des nuages menacants qui s'elevent et la pluie qui amene la joie chez les hommes et les animaux.
Les dieux viennent charmer les jeunes filles mais les bracelets de clochettes qui teintent a leurs chevilles et sur leurs hanches ont tot fait de faire chavirer le coeur des dieux.
Et vous imaginez l'effet que cela peut avoir sur nous, pauvres mortels, quand elles rajoutent leurs oeillades assassines.
18 décembre 2008
Auroville
J'ai decide de m'installer definitivement dans la communaute d'Auroville et de donner tous mes biens materiels a l'ashram de Sri Aurobindo parce que des gens qui venerent des ferreros roche d'or (ils appellent ca le Matrimandir), a part notre ancien ami le formidable Turkmenbachi (voir Turkmenistan, avril 2008), je n'en connaissais pas.
J'ai donc passe l'epreuve du feu afin d'etre adopte. J'ai eu le droit de mediter dans le truc dore bien kitsch qui semble sortir de terre.
L'aventure d'Auroville a debute en 1968 sur un plateau aride pour etre aujourd'hui une experience de vie ou l'objectif est d'atteindre une unite de l'humanite en accueillant (a terme) 50000 personnes de toutes nationalites. C'est un lieu de recherche appliquee en sociologie, economie, ecologie, etc... N'hesitez pas a visiter le site web et le site d'Auroville si vous passez pres de Pondicherry.
12 décembre 2008
Rien de special
Mamallapuram est un merveilleux site archeologique et spirituel de la cote du Tamil Nadu.
Un jour qu'il jouait maladroitement avec du beurre, Shiva (ou Krishna,... enfin, un des dieux) en laissa echapper une boule qui s'est posee en equilibre sur un beau plan incline de granit.
Les anglais, du temps de leur vile (parce qu'anglaise) occupation du pays, auraient meme essaye de tirer sur la boule avec huit elephants pour la faire tomber. Mais la boule est comme la ligne des avants francais au rugby contre la perfide albion : elle ne bougea pas sous la charge.
Le site est parseme d'enormes blocs de granit que les sculpteurs ont transforme en temples.
Ils representaient des scenes de la vie quotidienne comme la traite d'une bufflone mais aussi Shiva et son lingam ainsi que d'autres dieux qui apprenaient a danser le disco devant leur miroir avant de sortir au bal (c'etait il y a longtemps, dans les annees 70, les dieux ne font plus ca de nos jours).
Une immense frise est au pied d'un phare qui domine le site.
Un phare? Mais c'est qu'il y a donc la mer et ses fabuleuses creatures qui ont le bon karma de finir grillees dans mon assiette : poisson, crevettes geantes et langouste pour les jours fastes.
L'apres-midi, les pecheurs rentrent de la peche. Ils foncent droit sur la plage et quand l'eau est peu profonde, ils remontent
leur moteur et se plantent dans le sable.
Il leur faut alors hisser les barques sur le sable a l'abris de la maree puis sortir les derniers poissons de filets et les reparer.
Message personnel a l'adresse de celles et ceux qui ne font que mettre des photos de ski avec des
quantites ecoeurantes de poudreuse et de soleil sur leur blog : pour chaque photo de neige desormais, je vous mettrai une photo de plage. Le soir, il fait 25 degres, comme dans l'eau la journee, tout va bien. Amusez-vous bien cet hiver.
07 décembre 2008
Les contrastes de Calcutta
Le marche aux fleurs ouvre tot le matin et les vendeurs des rues viennent chez les grossistes acheter les guirlandes dont les croyants orneront les temples hindous.
Les guirlandes se vendent au metre et les melanges de leurs au kilo.
La vie exhuberante s'offre au regard au bord du fleuve. Les gens se lavent sur le ghat a cinquante metres en aval d'un enorme tuyau de rejet d'egouts, un cadavre de vache passe en flottant.
Plus haut sur la berge, des enfants jouent au carrom devant ce fameux pont qu'il est formellement inderdit de photographier par ordre de la Cour Supreme indienne.
Et comme toujours en Inde, le repugnant cotoie le raffine.
Le cadavre de chien qui gonfle dans la chaleur du caniveau a quelques metres des petales delicats. De ces contrastes qui saturent les sens a longueur de journees naissent le rejet ou l'amour de l'Inde.
Dans le grand parc qui servait de glacis au fort anglais, les gens menent paitre leurs chevres entre les groupes de fans de cricket qui prennent tres au serieux ce "sport de gonzesses" comme disait mon chauffeur de rickshaw hier en attendant impatiemment Diego Maradona venu faire de la pub pour le football dans la Cite de la Joie.
Le Memorial de la reine Victoria est le plus beau leg de la colonisation anglaise. Mais pas moyen de faire la sieste tranquille dans le parc sans qu'une famille indienne vienne s'installer autour de nous en nous mettant le bambin dans les bras pour une seance photo.
02 décembre 2008
Sous l'arbre de l'Eveil
Bodhgaya est la ville ou le Buddha s'est eveille sous son arbre (voir messages precedents sur le boudhisme).
La grande stuppa qui contient le Bouddha dore etait toute illuminee, les moines tibetains avaient sorti tambours et trompettes et leurs chapeaux rigolos pour accueillir Sa Saintete le XVIIe Karmapa. C'est l'equivalent du Dalai Lama pour la secte boudhiste tibetaine des Kagyu.
En son honneur, les sculptures de beurre et de farine , les bols remplis d'eau parfumee et les batons d'encens sont alignes tout autour de la stuppa.
Bodhgaya voit aussi dans le meme temps arriver des delegations de tous les pays d'Asie avec les vetements caracteristiques des moines et nonnes de chaque pays.
Le plus gros bataillons est forme par les tibetains (indiens et nepalais) avec leurs robes jaunes (sagesse) et marron-rouge (compassion) qui profitent du voyage pour accomplir des prosternations purificatrices (des sortes de pompes) autour de la stuppa.
Certains moines prient, lisent ou offrent des mandalas. L'univers que le moine offre symboliquement pour le bonheur de tous les etres vivants est represente par des grains de riz, des perles, de petites pierres qu'il verse par poignees sur un bol de cuivre retourne.
Il y a des moines de tous les pays : Thailande, Laos, Myanmar, Sri Lanka, Inde, Cambodge et meme des Auvergnats! (vous arriverez
surement a trouver ces derniers sur les photos).
Quand les Laossiens ont bien voulu terminer de faire du bruit avec leurs prieres chantees, le Karmapa a pu commencer ses enseignements.
Il a l'air plutot cool le Karmapa, il parle bien anglais et enseigne des sujets
un peu ardus, rendus plus difficiles a suivre car il les delivre en tibetain (avant de les traduire en anglais).
L'assistance de moines et quelques boudhistes occidentaux profitent de l'ombre agreable du descendant de l'arbre sous lequel le Boudha s'est eveille il y a 2600 ans.
Dans l'asistance, c'est comme a l'ecole, y'a toujours les petits malins qui foutent le
bodel dans le fond de la classe et les cancres qui roupillent pendant que sa Saintete delivre l'enseignement d'une sagesse millenaire.
28 novembre 2008
Et au milieu coule une riviere
Ou plutot ce sont deux rivieres : la Varana et l'Assi qui viennent se jeter dans le Gange au niveau de la ville et qui ont valu a Benares d'etre rebaptisee Varanasi. C'est la ville la plus sacree pour les hindouistes.
Le Gange est la mere des hindouistes et des millions de pelerins viennent faire trempette sur les berges du fleuve sacre pour se purifier et ameliorer leur karma. Malgre la pietre qualite des eaux, leur mere ne peut pas leur faire de mal et ils ne tombent jamais malades.
Une cremation ici permet d'echapper au cycle des reincarnations et d'acceder directement au Nirvana, moyennant finance evidemment, chaque kilo de bois du bucher de cremation est pese est vendu bien cher. Le ceremonial est tres complexe.
Le mari ou le fils aine du defunt se purifie par un bain dans le Gange apres s'etre rase tete, moustache (quel dommage,
c'est tellement classe!) et barbe. Le corps est immerge dans le Gange et porte au bucher qui est allume par un feu pris dans une flamme eternelle de Shiva.
Ces activites sont encadrees par la plus basse castes des Intouchables, les Doms. Apres trois heures de cremation, il ne reste que quelques os qui sont jetes dans le Gange, ou le mari ou le fils puise une cruche d'eau qu'il jette sur les braises.
Les femmes ne sont pas autorisees autour des feux car elles avaient une facheuse tendance a pleurer (pas bon pour la montee au paradis de l'ame du defunt)
voire a mettre fin a leurs jours en sautant dans le foyer, par desespoir, car il est interdit aux veuves de se remarier et elles se retrouvaient sans moyen de subsistance.
Dans cinq cas, le corps est considere comme pur et donc immerge directement dans le Gange, leste de grosses pierres : les enfants,
les femmes enceintes, les saddhus (saints hommes), les morts par morsure de serpent et les animaux.
Le spectacle le long des ghats (des volees de marches et des plate-formes) qui descendent au fleuve est permanent. Il y a les cremations
24h/24, les bains purificateurs du lever au coucher du soleil (de preference, pensez a apporter votre plus beau g-string) apres lesquels des moustachus vous feront un massage delassant.
Des gens lavent leurs buffles a cote d'autres qui font leur
lessive, qui pechent, qui meditents, qui draguent le soir dans les coins sombres, qui cuisinent et des touristes qui prennent tout ca en photos.
Varanasi est une ville exuberante, impregnee de religion, de l'odeur de paan (la noix de betel) que les hommes chiquent en aspergeant les berges de leurs jets de salive rouge et qui leur pourrit bien les dents, de l'odeur de marijuana que les saddhus fument toute la journee, mais c'est autorise, ce sont de saints hommes.
Ici Mc Donald's propose un Chicken Maharaja Mac, les holypills proposent de tout remettre en etat et il ne faut pas se fier aux galettes qui ressemblent a des cookies au chocolat.
La fin de la journee est marquee par des pujas (ceremonies) adressees au fleuve sur plusieurs ghats. Les brahmins (la plus haute caste, des pretres) ne chaument pas et font fumer leur encens a tout bout de champ.








































































