Heureux qui comme Ulysse...

... va faire un beau voyage

09 avril 2009

Dans la jungle

12Les violentes pluies des derniers jours ont gonfle les rivieres du nord du Laos. La barque file sur l'eau boueuse au milieu des rizieres dans la petarade du moteur. Puis l'on s'eloigne des villages, la foret dense remplace les champs et il faut la connaissance du piroguier pour se faufiler dans les rapides.


34Quand l'eau se calme un peu, on peut accoster et recuperer notre guide, habitant d'un village voisin, qui nous attend sur la rive arme de sa machette.
Le trek se deroule sur des collines couvertes de forets de bambous, de forets primaires et de fines sentes qui relient les villages. Chaque matin, nous partons avec un guide different qui seul connait ces chemins repris par la vegetation jusqu'au village d'apres.

56Je ne tarde pas a faire la connaissance de petites amies qui se cachent sous les feuilles et qui se laissent tomber lorsqu'elles sentent la chaleur d'un mollet ou d'une cheville. Mais elles vivent aussi tres bien dans l'eau des ruisseaux dans lesquels on marche. La premiere fois, ca fait bizarre, mais on s'habitue vite a saisir la sangsue gonflee de sang dans une feuille, a tirer d'un coup sec et a ecraser cette petite saloperie degoulinante.

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7Lorsqu'on arrive a une riviere plus large que l'on ne peut passer a gue, le village sur l'autre rive nous envoie deux adolescents sur un radeau (ils appellent ca un bateau!) de bambou, qui permet de traverser avec de l'eau a mi-mollet. Ils touchent a peine le lit de la riviere avec leur perche, j'ai l'impression que le courant va nous entrainer vers les rapides en aval avant que nous ne touchions terre miraculeusement.9

10Tous les enfants du village, des qu'ils sont en age de marcher, semblent s'etre donne rendez-vous sur la rive avec de petits filets. Ils capturent de minuscules poissons et grenouilles dans le courant et sous les pierres.

Le chef du village qui nous accueille pour la nuit connait son monde sur le bout du doigt : le village compte 15 fumeurs, 7 televisions et autant de generateurs.

1112Apres trois jours a se frayer un chemin a la machette, a glisser et a finir sur les fesses dans la boue, ca fait presque plaisir de retrouver les immmondes balafres des brulis. Les villageois sont encourages a couper et bruler les forets pour planter des heveas comme dans le reste du pays. Si l'on en comprend les raisons economiques, le cout ecologique de cette deforestation est immense. L'abattage d'arbres admirables et la disparition de la diversite vegetale et animale gache un peu le plaisir de la promenade en lisiere du parc national.

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03 avril 2009

Voyage au centre de la terre

12La bourgade de Vang Vieng au nord de Vientiane est le resultat de ce qu'il y a de pire dans le developpement touristique. Des hordes de jeunes britanniques et scandinaves (les memes que j'avais deja du mal a supporter en Thailande) deferlent dans ce village afin de vivre deux experiences extremes : poser leurs fesses dans des chambres a air de tracteur pour descendre 3 km de riviere, raclant les sus-dites fesses quand la profondeur ne depasse pas 10 cm en cette saison seche.
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La deuxieme experience consiste a s'asseoir (encore) dans des4 restaurants qui diffusent des episodes de Friends ou des Simpsons en mangeant des "happy" pizzas, milk shakes ou n'importe quoi pourvu que ca contienne du cannabis, des champignons hallucinogenes ou des amphetamines. Ils pourraient faire la meme chose dans leur salon et eviter de pourrir ce si beau pays dont ils n'ont rien a faire visiblement. J'espere que le Laos ne deviendra jamais ce qu'est devenu la Thailande de ce point de vue.

5Mais fort heureusement, les montagnes calcaires qui entourent Vang Vieng sont un dedale de grottes ou l'on peut fuire ce spectacle affligeant.
6Les seuls habitants que l'on y croise on generalement huit pattes et ne s'eloignent pas trop des entrees ou les insectes penetrent encore.

7Certaines entrees de grottes sont gigantesques et abritent des lieux de culte, dans d'autres, il faut se faufiler et l'on peut meme cheminer plusieurs kilometres sous la terre en suivant le lit de rivieres souterraines assechees en cette saison.
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Et l'on decouvre des draperies que nul vent n'agite, des meduses petrifiees, les colonnes, les arcades ouvragees de ces palais souterrains.
9Plus loin, les formations rappellent des coraux, des formes fantomatiques apparaissent dans l'obscurite. C'est la qu'il s'agit de garder son calme quand on est certain d'etre passe pour la troisieme fois en rampant dans la boue devant une galerie qui ne debouche pas et qui ne ressemble pas du tout a celle empruntee a l'aller...


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25 mars 2009

Si Phan Don

12J'apprends le laosien en m'amusant : si = quatre, phan = mille , don = ile(s).
Les "4000 iles" sont les terres emergees dans un coude que forme le Mekong dans le sud du Laos avant de basculer en grondant par de bouillantes cascades au Cambodge.

34A la saison des pluies, le chiffre de 4000 se reduit considerablement avec la montee des eaux.
Lors de la colonisation francaise, une ligne ferroviere a ete jetee en travers de deux iles, un pont construit pour les relier afin de pouvoir utiliser le Mekong comme voie de transport et eviter les cascades sus-mentionnees.

56Tout au bout de la ligne de chemin de fer, au sud de Don Khon, dans une "piscine" plus profonde que forme le Mekong meme en saison seche, on peut apercevoir les rares specimens du dauphin de l'Irrawady qui ont survecu au massacre par les Khmer Rouges cote Cambodgien, a la peche a l'explosif et aux filets.

78Mais le charme de ces iles reside dans le rythme paisible de la vie, l'indolence imprimee par la chaleur. Pour en profiter, on peut partir par les chemins a bicyclette autour de l'ile. Les rizieres occupent le centre de l'ile et les villages des pecheurs/fermiers le pourtour.


910Le mieux reste encore de se percher sur son hammac, sur la terrasse du bungalow qui domine le bras du Mekong et de regarder couler la vie des gens d'ici, tranquillement, en n'oubliant pas de descendre de temps en temps se raffraichir. Les barques qui passent, les familles qui descendent a la fin de la journee faire leur toilette et leur lessive, les pecheurs qui tentent leur chance au filet le soir,...

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20 mars 2009

Le plateau de Bolaven

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Sabaidi, bienvenue au pays du sourire.

Le plateau de Bolaven s'eleve au Sud du Laos jusqu'a un peu plus de 1000m d'altitude. Il est couvert de plantations de cafe initiees par les colons francais, de cascades toutes plus hautes les unes que les autres et d'enfants qui sourient.

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Pour decouvrir le plateau, le mieux est de louer un scooter pour se vehiculer sur les routes plus ou moins asphaltees, entre les villages des minorites ethniques qui vivent dans les clairieres et cultivent le cafe.

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Lorsqu'on decouvre la premiere chute d'eau, on decouvre en meme temps les enfants qui jouent dans les vasques en aval. Le contact est facile et une fois qu'on a balance un peu loin le plus temeraire du groupe mort de rire, les autres ne tardent pas a venir reclamer leur lancer de nain. Il suffit d'essayer de s'echapper quand les bras commencent a chauffer.

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En passant dans un village, les enfants deboulent sur la route en criant. Je comprends "waterfall" alors je suis les deux plus proches, Khai (12 ans) et Gut (9 ans) qui vont me guider a travers un chaos de gros blocs vers les sentiers du vertige et les temples bouddhistes improvises sur une vire au milieu de la paroi.

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Et l'on repart sur la route de laterite rouge. Le masque pour piloter permet de n'avaler que ce qui est necessaire de poussiere.

Dans les villages et a 11h a la sortie de l'ecole, de nombreuses mains se levent, des visages s'eclairent d'un immense sourire et de joyeux "saibaidi" jaillissent a notre passage.

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On peut aussi suivre la direction que nous indique ce petit garcon avec sa petite "canne a peche" pour decouvrir une autre chute d'eau.

En amont de cette chute, des jeunes pechent en lancant d'un geste ample leurs filets dans les vasques les plus profondes.

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On croise peu de vehicules sur cette route de terre qui serpente dans la jungle. Lors des arrets "techniques", il faut bien garder en tete qu'entre les mines enterrees et les bombes qui n'ont pas explose lors des dernieres guerres sur ce plateau, il est plus sage de souiller les chemins plutot que de faire un pas a cote.

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On sent que l'on est monte sur le plateau a la temperature plus clemente que dans la plaine et les chutes d'eau sont de plus en plus hautes. Certaines barrent de larges rivieres, d'autres des ruisseaux plus petits mais alimentes meme en cette periode seche. Apres avoir verifie la profondeur des vasques, on peut meme tenter de se rappeler les sensations estivales du cannyoning.

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Dans les villages pres des plantations de cafe, les graines sont mises a secher18 devant les maisons. Les plus fraichement cueillies ont une couleur rouge mais au bout d'un temps, toutes deviennent noires et sentent legerement le marc de raisin.

L'arabica du plateau de Bolaven est considere comme le "champagne du cafe". Il a un arome fruite est puissant.

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Apres avoir serpente a travers une foret de bambous ou simplement au bord de la route on debouche sur des chutes d'eau paisibles ; il y a tres peu de touristes et il est possile d'etre seul sur un site toute une soiree.

C'est l'endroit ideal pour gouter a toutes les bonnes choses qui nagent dans les rivieres ou qui poussent dans les champs.

Posté par xavier_pilard à 16:38 - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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