Heureux qui comme Ulysse...

... va faire un beau voyage

10 août 2009

Completement Mabul de Sipadan

12Hormis les jeux de mots pourris pour les titres des messages, les iles de Mabul et de Sipadan, au sud-est de Borneo, offrent (c'est pas moi qui le dit, c'est leur pub) des plongees parmi les plus belles du monde. Et de ce que j'ai vu, c'est difficile de dire le contraire.

34Par la grace de Dieu et des autorites malaisiennes, l'ile de Sipadan est protegee par un parc national et les hotels ont meme ete demontes pour preserver ce site exceptionnel. On loge donc sur Mabul qui accueille aussi des villages de maisons de bois montees sur pilotis de refugies/pecheurs philippins, proteges par la barriere de corail qui ceinture le lagon.

56Attrapez vos masques et vos palmes, mettez votre ceinture de lestee de plombs, la bouteille d'air comprime sur le dos et laissez vous guider au milieu des merveilles de ces eaux chaudes.

78Les poissons clowns qui jouent les gros bras pour vous impressionner avant de filer se refugier dans leurs anemones se disputent la place d'animal le plus cool du recif avec les tortues. D'apres leur taille, on peut estimer l'age des tortues vertes. La plus grosse que j'ai croisee dans les parages de Mabul faisait plus de deux metres, ce serait une venerable grand-mere de plus de 90 ans.

910Les guides locaux n'ont pas manque pas d'originalite en nommant "barracuda point" l'endroit du recif ou se rassemblent en permanence un enorme banc de plusieurs centaines de... barracudas. Lorsqu'il n'y a pas de courant, ils se mettent parfois a tourner en cercle et on peut se glisser dans l'oeil de ce cyclone aquatique, ces fusees d'argent a portee de main.

1112La particularite de Sipadan, c'est qu'elle est le sommet a peine affleurant d'une tour rocheuse au milieu de l'ocean. A cinquante metres de sa plage, la falaise plonge verticalement sur 600 metres, avec parfois d'esthetiques surplombs et des cavites ou dorment parfois des tortues. Les eaux riches permettent un developpement foisonnant de la vie. Premier maillon de cette chaine, le plancton permet aux coraux de se developper, ceux-ci etant des nurseries pour des nuees de poissons colores eux-meme servant de nourriture aux predateurs plus gros comme les requins et les barracudas.

1314Lorsqu'on nage le long de l'immense falaise, on a parfois la surprise de voir surgir de l'ombre un requin a pointe blanche qui remonte des profondeurs pour patrouiller le recif a la recherche de nourriture. Mais la plupart du temps, les requins a pointe blanche dorment paisiblement poses sur le sable, bien loin de l'image terrifiante de leurs copies de plastique des "dents de la mer".

1516On commence toujours la plongee en descendant au point le plus profond que l'on souhaite atteindre, vers 30 metres en general, pour remonter progressivement pendant environ une heure. On observe la vie qui s'est developpee sur le rocher, toutes les especes de coraux, les murenes qui se cachent dans leur trous, les crevettes nettoyeuses a l'abri de leur corail.

1718Et pour le palier de decompression, on profite du spectacle a 5 metres de la surface, ces nuages de poissons rouges ou roses, les tortues qui passent.

Ca ne semble pas evident au depart de se lasser de voir passer les requins et les tortues, mais pourtant... J'ai decouvert pour la premiere fois dans ces plongees qu'a l'autre bout de l'echelle, on est recompense de trouver des animaux minuscules, de quelques centimetres, crevettes translucides, nudibranches aux formes surprenantes et aux couleurs parfois psychedeliques.

20Ca devrait se passer comme ca dans les trois prochains mois (au moins), alors si ca vous tente...

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03 août 2009

Les hommes de la foret

12C'est l'heure du repas et l'excitation commence a monter au sein du groupe de jeunes males. On se bouscule, on bombe le torse, on grongne, on montre aussi les dents. Et la tension monte d'un cran supplementaire, ca s'agite, ca trepigne, les torses se bombent d'avantage, on peut meme entendre des cris lorsque passe la jeune femelle hollandaise aux jambes fuselees et a la poitrine genereuse.

3C'est la que j'ai decide que ca ne me ferait pas de mal d'arreter de voyager avec ces compagnons-la et d'aller voir les orang-outans en solo.4
Je ne voudrais pas ternir la reputation de leur pays en disant son nom deux jours apres leur fete nationale. Ils ne sont pas mechants, c'est juste leur complexe d'inferiorite qui ressort parfois mais ils suffit de leur dire que leur petit pays montagneux fait le meilleur chocolat au lait industriel du monde et que leurs montres sont cheres mais vraiment bien et ca passe.
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Pour en revenir a nos hommes (orang) de la foret (utan), le 6centre de rehabilitation de Sepilok accueille de jeunes primates orphelins afin de leur sauver la vie dans un premier temps puis de leur apprendre a revivre dans la nature.


7Un orang-outan ne devient pas orphelin par hasard. Il faut savoir que l'ile de Borneo se voit amputee de sa magnifique 8foret primaire par des investisseurs qui plantent en lieu et place des palmiers a huile. Double jackpot pour ces investisseurs venus d'un pays (encore une fois, pas de nom) qui a pour habitude de vider les mers de leurs requins (il parait qu'en soupe ca les aide a surmonter leurs problemes de petites b**es), d'eradiquer le peuple tibetain et d'arreter en masse les opposants du Xin Chiang, les memes qui fabriquent nos ecrans plats, nos ipods et nos chaussures de sport d'ailleurs.
9Donc la maman orang-outan va picorer quelques graines dans les palmiers (vu qu'a la base, c'est chez elle), se ramasse une valda dans le buffet comme disait Audiar et le petit devient un animal de compagnie nourri au riz et au poulet frit qui composent bien evidemment son regime alimentaire habituel.
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Une femelle orang-outan met bas trois a quatre fois dans sa vie et il faut neuf a dix ans pour qu'elle transmette son savoir a son petit afin qu'il se debrouille dans la foret. C'est pour cela que cet animal est tant en danger.

11Les scientifiques et le personnel du centre remplacent la mere en apportant au jeune orphelin affection et nourriture. Puis vient le temps de la formation ou ils apprennent a se balancer a bout de bras (et de jambes, ca marche aussi bien), a se deplacer dans les branches.
Plus tard, il faut leur montrer quels fruits, quelles feuilles manger, essayer de leur faire 12comprendre que les serpents arboricoles sont dangereux, etc...
Un camarade plus age auquel ils s'attachent aide egalement a la formation car ils apprennent tres vite par mimetisme.

13Et peu a peu, les attirer de plus en plus loin dans la foret en les nourrissant sur des plate-formes toujours plus eloignees du centre pour qu'ils retrouvent leur autonomie et une vie dans 14des reserves plus vastes.


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01 août 2009

Une triplette de belles iles et tempete au cap

12Rien de mieux que la balneotherapie pour se remettre du periple dans la jungle. On profite d'une cure de poisson grille au diner pour se refaire la sante et des iles a portee de bateau de Kota Kinabalu pour faire trempette. Pulau Manukan, Mamutik et Sapi sont a moins de 30 minutes de bateau rapide de la capitale de l'etat de Sabah. Elles offrent des jardins de corail magnifiques immerges a peu de profondeur. Si les poissons sont de taille modeste compares a ceux que j'ai pu voir a Palau Perhentian, la variete des coraux compense largement.

34En faisant le tour de Sapi par les rochers, on traverse de petites plages desertes. Enfin, desertes... il y a bien quelques traces qui me laissent penser que je n'aimerais pas etre reveille d'une seance de bronzage pas la bestiole qui les a laissees.

Laquelle bestiole et quelques une de ses soeurs sont occupees plus loin a devorer des carcasses de poissons laissees la a leur intention.



56Histoire de changer d'air, je pars a la pointe de Borneo profiter de la tempete qu'envoient les Philippines toutes proches.

Les falaises de gres du cap sont balayees par le vent. La plage de sable blanc ne voit qu'un seul touriste promener ses tongues et profiter egoistement des vagues.

78Comme le cap beneficie selon l'office du tourisme local de couchers de soleil parmi les plus romantiques du monde, je suis bien content de l'epaisse couverture nuageuse qui arrive en fin de journee...



910Jeu concours : qui peut me donner le nom de cette espece de poisson que je croise depuis l'Inde mais que je n'ai jamais vu dans l'eau : meme pour se deplacer, il ricoche a la surface pour aller se reposer plus loin? Des zoophiles dans l'assistance? Heu... des naturalistes voulais-je dire?

11Au bout de la plage, la mangrove vient lecher le sable. C'est le terrain de jeu ou s'eclatent les poissons sauteurs qui n'aiment pas l'eau.
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25 juillet 2009

Le sentier des coupeurs de tetes

12Il y a comme un petit gout d'aventure quand on met ses pas dans ceux des coupeurs de tetes de Borneo. D'apres ce que nous dit le parc national de Gunung Mulu, les coupeurs de tetes empruntaient ce chemin pour aller faire des razzias dans les tribus voisines ; nous utiliserons les memes moyens de deplacement qu'eux : pirogue et marche.

34La pirogue a depuis ete munie d'un moteur hors-bord mais le faible niveau de l'eau impose aux passagers de descendre se faire masser la plante de pieds par les galets de la riviere et de pousser l'ambarcation.
Apres de la marche a plat dans la jungle, on atteint le camp ou l'on passera deux nuits et l'on se prepare a affronter la montee du lendemain aux "pinnacles".

56Le parc a la facheuse tendance a imposer un guide pour le moindre deplacement mais il se trouve que le guide (et le reste du groupe de 15 personnes) n'etait pas pret a l'heure dite. Il m'a revu quand je redescendais du sommet. C'est une belle montee en foret et dans des barres rocheuses equipees d'echelles et de passerelles. On debouche aux fameux "pinnacles" qui sont en fait de gros lapiaz qui dominent la foret.

7La foret s'etire mille metres plus bas, elle se reveille et le soleil la deshabille des derniers voiles de brume nocturne qui la couvrent.

8A cote du camp, la riviere offre une belle piscine naturelle ou nagent des sortes de truites. Christelle m'arrete a temps en me rappelant qu'on est dans un parc national ; j'etais sur le point de me fabriquer un filet avec ma moustiquaire pour ameliorer le diner.

9Le lendemain le piroguier nous rejoint en chemin et nous descendons la riviere pendant quatre heures. On alterne les 10passages calmes aux eaux profondes et les rapides ou il faut jouer de la pagaie et de la perche pour passer, voir porter/pousser l'ambarcation echouee sur les galets.


11Nous prendrons un repos merite dans une "longhouse", une maison communautaire ou vivent une centaine de personnes. Chaque famille se voit assigner une piece pour vivre et les habitants se retrouvent volontiers le long d'une galerie couverte qui court le long de la maison pour passer la soiree. L'occasion constater que les enfants d'ici, comme leurs copains de France, en redemandent quand on leur prend les mains pour leur faire faire l'avion (et que leurs meres, commes les meres francaises ont peur qu'on les balance contre le mur :-).

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20 juillet 2009

Les bebetes de Borneo

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Le sous-sol calcaire du parc national de Gunung Mulu abrite un des plus vastes reseaux de grottes du monde. En explorant ces reseaux a la lueur de la lampe frontale, on est etonne par le foisonnenement de la vie a Borneo qui s'acharne a venir occuper ces endroits sombres et retires.


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A plusieurs centaines de metres de l'entree, on trouve des serpents (comme de petits pythons) endormis dans des trous de la roche, une profusion d'insectes. Les chauves-souris et des sortes d'hirondelles s'enfoncent de plusieurs kilometres sous la terre.



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A la tombee de la nuit, des millions de chauves-souris quittent l'immense grotte de Dear cave pour aller se nourrir d'insectes au-dessus de la foret. Les vols de plusieurs milliers d'individus commencent par tourner en cercle a la sortie de la grotte pour se rassembler avant de s'elancer entre les parois de la gorge couverte de fougeres geantes. Le battement de leurs ailes s'entend de loin.


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Lorsque la nuit est la, le volume sonore de la foret augmente considerablement. C'est le moment de ressortir pour essayer de surprendre quelques habitants de la foret.

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Les plus faciles a reperer sont les araignees dont les yeux refletent la lumiere des diodes de la lampe, on peut voir une dizaine d'especes differentes en quelques minutes.

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Lorsqu'on eteint les lampes pour se retrouver dans l'obscurite complete, l'odorat et surtout l'ouie prennent une dimension impressionnante pour remplacer la vur defaillante.

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Les cris des singes, les appels (amoureux?) des princes/grenouilles, les frolements, les crecelles, les sifflets des insectes emplissent la nuit.

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Apres avoir vu s'ebattre ce couple de sauterelles dont les couleurs et les formes se confondent avec les feuilles, je n'entendrais plus jamais leurs stridualtions de la meme oreille.

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15 juillet 2009

La presqu'ile de Bako

12Apres etre passe dans quelques coins sympas au cours de ces derniers mois, le voyage prend une nouvelle dimension. En posant le pied a Borneo, on entre dans un monde preserve, plus sauvage. Les especes animales et vegetales sont tout a fait differentes de ce que l'on peut connaitre.


34A la difference de chez nous, ici les sangliers ont de la barbe mais il est tout aussi difficile de les convaincre de venir bronzer un moment sur un barbecue meme si on leur promet de les masser avec du miel et de l'huile d'olive.

Je n'ai pas tente de manger ces champignons jaunes fluorescents ; je me suis mefie des mondes qu'ils pourraient m'ouvrir...

56Dans la mangrove, a maree basse, des varans viennent faire bronzette. On dirait que leur peau porte les motifs des lignes de bagages Louis Vuitton. Ca doit etre pratique si on veut en faire des sacs a main (je repete que je n'ai pas touche aux champis).
Les anglo-saxons appellent ces varans des lezards moniteurs. Ils peuvent nager dans les rivieres ou entre les iles, on les appelle alors des lezards moniteurs de natation.

7La foret abrite aussi trois especes de singes. Les nasiques au long nez qui sont assez timides, les langours gris a face noire dont le 8bebe est roux et les macaques qui n'hesitent pas a mener des raids contre les touristes hollandais sur la terrasse de la cafeteria du parc pour piquer dans les assiettes.


9La vipere verte est plutot sedentaire, elle peut rester sur la meme branche pendant plusieurs jours d'affilee. Elle se confond avec le vert des feuilles et chasse a l'affut.
10Celle-la doit etre devenue aveugle a force de voir defiler des touristes qui lui mettent le flash dans les yeux.


11Grace a la protection offerte par le statut de parc national, les animaux se laissent assez facilement approcher. En quelques centaines de metres de balade, on rencontre differents 12eco-systemes, de la foret tropicale a la mangrove en passant par une foret de type mediterraneen dans les zones sommitales plus seches.

13Et au bout du chemin, on debouche sur un promontoire rocheux qui offre une vue formidable sur des plages desertes.

14Adossees a la foret, elles sont encadrees de chaque cote par des falaises de gres ocre. Apres la baignade, on change de plage en suivant les rochers du littoral que la maree basse a decouverts pour une balade a fleur d'eau.





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06 juillet 2009

Ivresse verte

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Les nuages qui apportent chaque nuit un peu de pluie sont toujours accroches aux collines. Ils s’effilocheront a la cime des arbres avant que le soleil ne finisse par percer. Avec le jour qui se leve, les moteurs des bateaux se mettent a petarader, il est temps de descendre sur la berge avec Seb et Pauline pour appeler le taxi qui nous fera traverser la riviere pour acceder au parc. La foret primaire du parc de Taman Negara serait l’une des plus vieilles du monde, elle verdirait dans ce meme climat tropical depuis 130 millions d’annees, pas un glacier pour la raboter, pas un volcan pour la reduire en cendres.

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On penetre donc avec respect dans cette cathedrale vegetale dont les arbres-piliers formidables se dressent jusqu’a la voute verte 40 metres plus haut. A cette heure matinale, on marche sans bruit, entre les reves de la nuit qui s’eloignent et une meditation vigilante car on aura peut-etre la chance de croiser quelques animaux. La foret nous aspire en avant, le pas s’accelere, on plonge dans le vert.

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On derange tout d’abord un groupe de faisans a casque bleu (la version grecque antique du casque qui descend sur le bec et couvre la nuque) qui s’eloignent sans s’inquieter. Plus loin, on se fige en entendant craquer des branches dans les arbres. Une bande de singes passe de liane en branche, certains s’arretent pour regarder ces cousins a sac a dos qui essaient de les prendre en photo.

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On pourra aussi apercevoir de nombreux papillons, une petite mante religieuse (peut-etre un male attendant sous sa feuille sa compagne assassine), des colonies de fourmis si denses qu’elles semblent envelopper les racines sur lesquelles elles se deplacent d’un manchon noir. Un gros ecureuil beige grimpe aussi vite le long d’un tronc qu’une famille de sangliers file dans les buissons. Et il y a tous ceux qu’on ne voit pas, oiseaux et insectes, qui assurent la bande son de cette balade en foret.

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Soudain, un cri effroyable me glace le sang. Je crains le pire meme si le tigre est un animal nocturne et craintif. Un appel a l’aide a vous briser le cœur emane de Pauline qui vient de voir une sangsue escalader la semelle de sa chaussure. Nous n’arriverons pas toujours a intercepter ces petites saloperies a temps et je garderai quelques semaines les traces de leurs baisers sanglants. Mais quel plaisir de faire eclater entre deux doigts leurs petits corps gonfles de leur butin qui se tortillent (meme si c’est mauvais pour le karma, ca gicle, c’est tellement bon!).

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On aura meme droit a un raffraichissement a mi-parcours en passant a gue la riviere, de l’eau a mi-cuisse, puis en haut des cuisses… et qui monte encore (ouh ! ca fait frais !). C’est tellement bien organise qu’on descend sur une plage de sable fin pour se baigner dans la riviere en fin de journee et on a la chance de pouvoir se faire prendre en stop par un bateau parce qu’il faut bien l’avouer, apres neuf heures a patauger dans la boue en se faisant attaquer par les sangsues, on commencait a fatiguer.

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01 juillet 2009

Jardin d'Eden

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Changement  d’ambiance dans les Cameron Highlands. Le vert profond d’une mer de collines boisees a remplace le bleu de la mer de Chine du Sud. L’air est frais dans ces collines situees entre 1400 et 2000m d’altitude. Et comme il y pleut souvent, les colons britanniques avaient installe une « hillstation » ou ils venaient soigner le mal du pays.

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Si la route permet de le visiter, elle entraine egalement la destruction de ce pays beni. Le long de l’axe, les plantations d’heveas et de palmiers a huile ont remplace la foret primaire. La region accueille egalement une importante production maraichere et horticole. Mon bon Tonton, les fraisiers produisent ici toute l’annee ; je me suis permis de faire une demande de visa pour toi. Je n’ai cependant pas rempli la demande de naturalisation, les peuplades indigenes ne semblant pas connaitre les huitres affinees en claires ni le pineau.

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J’apprends  en m’amusant ; aujourd’hui un peu de contrôle de gestion : le PUMP (prix unitaire moyen pondere). Sachant que 100g de fraises coutent 1 euro (plus cher qu’en France, ils sont malades !) mais que c’est toi qui va les ramasser dans les serres et que tu t’empiffres 500g discretos avant de passer a la caisse peser les 100g qui sont dans ton panier, calcule le PUMP d’1kg de fraises dont le jus degouline sur ton menton (tu t’empiffres, tu manges salement).

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On peut decouvrir la foret par des chemins bien balises. Ils suivent les ruisseaux ou coupent a travers les collines ; les racines forment les marches de ce parcours ombrage. Pas besoin d’etre un botaniste averti pour se rendre compte de la diversite des especes. Plusieurs sortes de mousses tapissent le sol et montent a l’assaut des troncs, epaulant les orchidees et autres lianes qui ont déjà pris pied sur les arbres pour les etouffer.

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Et pour faire vraiment britiche, j’ai gravi mon premier sommet de 6,666 feet (jusque-la j’avais toujours grimpe des metres). Carine, j’ai verifie, ca fait 82 metres de moins que Chamechaude mais avec des fougeres arbustives (que je ne m’attendais pas a voir avant d’etre en Nouvelle Zelande) et des papillons un peu plus gros que ceux qui volettent autour du habert.

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Un anglais a eu l’heureuse idee de drapper les collines du manteau vert plus tendre des plantations de the. Ils produisent essentiellement du the noir et, pour etre honnete, le Lipton est meilleur mais l'effet visuel est assez sympa.

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Les Highlands abritent egalement la plus grosse fleur du monde. Ca, c’est la pub. Parce que techniquement, la rafflesia est un parasite (donc un champignon, pas une fleur) et que ses cousines de Sumatra et Borneo sont respectivement number one et number deux pour ce qui est de la taille. Mais ca a des petales et c’est joli alors ca vaut le coup de se balader dans la jungle pour la trouver.




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C’est un peu ambiance Gamelle Trophy pour l'approche dans le vieux Land Rover enfonce dans la boue jusqu'aux essieux. On rejoint un Homme Originel (Orang Asli en malais, un aborigene) qui a patrouille dans la foret pour trouver la fleur a nous montrer et a appele le guide depuis son telephone cellulaire. Un des derniers aborigenes qui n’a vecu que de chasse a la sarbaccane et des maigres cultures de sa femme jusqu'à recemment avec l’arrivee de la route a proximite de son village. Mais l’appel de la ville resonne plus fort a ses oreilles que l’appel de la foret.

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28 juin 2009

Paradis Perhentian Kecil

12Ca doit commencer a devenir lassant de lire ce blog, encore et toujours des iles. Mais toutes les iles ont un caractere different, comme les diverses nuances de bleu de la mer.

Pulau Perhnentian Kecil est la moins developpee des iles soeurs des Perhentian, au nord-est de la Malaisie.

34Il n'y a pas de route, un sentier seulement rejoint les deux plus grandes plages de l'ile ou se concentre l'essentiel du logement.
Sur le chemin, on peut croiser un des nombreux varans qui peuplent la foret. Les plus temeraires (les plus gros) semblent s'approcher des habitations pour fouiller les poubelles; ca donne un cote Jurassic Park a ces vacances jusque-la paisibles.

56La foret etant impenetrable, on se concentre sur les activites nautiques, le kayak est le moyen ideal pour aller explorer les recifs coralliens avec masque et tuba autour des deux iles. Et la vie marine est d'une richesse exceptionnelle. Pas une plongee sans voir un requin, pourtant si rare ailleurs. Des requins de recif a pointe noir en general mais aussi les timides requins bambou qui semblent avoir la peau bleue et se cachent sous les rochers.

78De bancs de poissons de toutes tailles profitent du plancton qui passe dans le courant et restent en station autour de gros blocs immerges. On croise d'enormes poissons perroquets arc-en-ciel, marron ou bleu electrique qui cassent le corail de le bec puissant.

9Encore deux belles plongees sur un recif multicolore couvert de coraux moux et l'immense epave d'un cargo ou trouve refuge une 10quantite incroyable de poissons.

Ca serait presque a vous degouter de manger du poisson si les pecheurs du village n'en ramenaient pas du si bon, si frais que les restaurateurs jettent sur leur grill sur la plage, a cote des crabes.




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