29 avril 2008
Palais des 1001 nuits et montagne sacree
Dogubayazit est le point de passage oblige pour la frontiere iranienne. On commence a croiser de plus en plus de controles de police. Les turcs semblent prendre tres au serieux leur role de gardes des frontieres orientales de l'Europe. C'est une ville de garnison (l'Armenie est a portee de canon) que mon guide de voyage decrit
comme austere mais j'y ai trouve sans doute la population (kurde) la plus accueillante de tout mon sejour en Turquie, ce qui n'est pas peu dire.
Sur les hauteurs de la ville, est contruit un petit bijou d'architecture, pose sur un petit plateau au pied de falaises abruptes et dominant la plaine : le palais d'Ishak Pasa.
Differents styles d'architecture cohabitent : seldjoukide comme sur la porte d'entree avec ses stalactites a facettes ou perse que l'on retrouve sur les bas-reliefs floraux.
Encore une fois, l'hospitalite kurde : un homme du village qui se balade la et parle quelques mots d'anglais nous guide dans le site, nous parle de son histoire et nous montre meme les meilleurs cadrages pour les photos.
Des arches delicates ornent les cours du palais. Les russes, quand ils sont passes par la, ont detruit deux etages de l'edifice mais le raffinement des logements, du harrem, de la medrese et de la mosquee est toujours bien visible.
Le pasa profitait d'une piscine interieure et d'un hammam.
L'imam est monte dans son mimbar (sa chaire), vous regardez vers la Mecque.
En redescendant du chateau, nous faisons un crochet vers un col pour contempler l'auguste mont Ararat ou Noe a pose son arche. L'Ararat a epanche sa lave jusqu'a l'horizon dans une vaste plaine.
Arrive au col, la vue est saisissante, on reste bouche bee devant la majeste de cette montagne (meme si ca ne vaut certes pas Belledonne :-) et l'immensite du paysage.
Noe et ses bestioles ont du redescendre a ski.
Erevan, la capitale armenienne, se trouve juste de l'autre cote. Mais malheureusement la frontiere est fermee.
Et le vent qui pulse au col me dit d'aller toujours vers l'est.
Demain je passe (inch'allah), avec un peu d'aprehension et beaucoup d'envie, la frontiere iranienne.
27 avril 2008
La croisiere s'amuse
En venant a Tatvan, je pensais gravir le mont Nemrut qui domine la ville et offre une vue sur l'immense lac de Van. C'etait sans compter sur la descente du bus a 3h30 du matin et le temps brumeux qu
i ont un peu emousse ma motivation.
Je cherche donc un embarquement sur un ferry qui traverse le lac pour aller a Van. U
n vieux ferry rouille et crasseux dans lequel on embarque des wagons dans le meme etat. Le temps de reparer les machines... et de me voir offrir une demi-douzaine de verres de the. Je suis le seul passager, je m'installe sur le pont au soleil et l'equipage m'offre a dejeuner. La vue sur les collines et les montagnes encore enneigees en arriere-plan est sublime. 
Le temps d'une sieste reparatrice au soleil, la deuxieme mi-temps de Chelsea 2 - 1 Manchester avec le directeur commercial du bateau (le moustachu qui m'a vendu la traversee pour 2 euros) et me voila arrive a Van.
Quel changement par rapport a la tres religieuse Urfa! Sur la jetee, de jeunes couples se tiennent par la main, les foulards ont presque disparu et je vois meme quelques juppes.
Ca se confirme dans la soiree apres une tournee des bars de la ville. De grands etablissements avec des groupes live (musiques turque et kurde), une grande majorite d'hommes evidemment mais les filles sortent aussi et dansent. On sympathise tres vite avec les gens qui nous apprennent a danser et la suite ressemble a une soiree type grenobloise : shannon, saxo et... vertigo pour finir a 3h du matin.
Il y a de fortes animosites entre turques et kurdes (qui sont majoritaires dans l'est de la Turquie), avec beaucoup de prejuges de chaque cote. Au fil de la journee, j'avais rencontre des representants des deux communautes (tous aussi sympas) et pour cette soiree, je leur ai donne rendez-vous. Et au final, ils ont echange leur numeros de telephone et comptent bien se revoir. Au retour, je vais laisser tomber le controle de gestion et voir ce que je peux faire dans la diplomatie et pour la paix dans le monde :-)
25 avril 2008
Cruelle desillusion :-)
Je me faisais un plaisir de descendre dans le sud de la Turquie, aux portes du desert, pour contempler les immensites arides de la Syrie voisine. Eh bein comme on dit a Damas : zobi la mouche! Les turcs n'ont rien trouve de mieux a faire que de construire un enorme barrage en amont pour faire de l'irrigation. Resultat : tout est vert. Ils profitent de la chaleur et de leur terre fertile pour faire
2 recoltes par an de coton, ble ou colza. Et tant mieux pour les locaux qui devaient manger de la poussiere avant l'arrivee de cette eau benite.
Pour tonton Paul : regarde sur google earth la region de Sanliurfa (le village sur les photos est Harran) ca doit faire une belle tache verte avec le barrage Ataturk au nord. Irrigation par submersion.
Il n'en reste pas moins qu'Harran est un village occupe depuis 5000 ans, domine a
tour de role par les empires qui passaient dans le coin. Avant de se faire ratiboiser par les mongols, se dressaient la une grande mosquee et une medrese (ecole coranique).
La curiosite du lieu tient aussi a l'architecture de ses maisons en forme de termitieres. Pour pallier au manque d'arbres pour les charpentes, les villageois tapaient dans les stocks de briques des batiments ravages et batissaient ces toits en voutes.
Pour l'ambiance, on est bien dans le sud pourtant. Ici, les hommes portent le kefieh (la nappe a carreaux rouges et blancs), la population est plus arabe que kurde ou turque.
Au pied de la citadelle, je rencontre Tahar qui se tient a l'ombre sous une tente. Il allume le feu sous la theiere et comme il a bosse dans le tourisme, il parle bien l'anglais. Comme tout bon turc qui se respecte, il a plein de copines dans tous les pays. En juillet, il part rencontrer la plus serieuse pretendante a... Miami Beach :-) Les rencontres se suivent et ne se ressemblent pas. C'est bon de rester la au frais a se reposer un peu en contemplant le village en contre-bas.
Sur le trajet du retour en minibus qui me ramene vers la ville bruyante et chaude, je lorgne avec envie sur le canal d'irrigation d'un bleu turquoise qui amene cette eau fraiche des montagnes.
24 avril 2008
La cite des prophetes
Apres le calme et la douceur des montagnes, je gagne Sanliurfa, dans le sud de la Turquie, aux portes de la Syrie. Des gens celebres sont nes ici : Abraham qui a aussi vole dans les airs pour atterrir sur un lit de roses, et Job
(la meditation dans sa grotte etc... je vous laisse vous replonger dans vos bibles). L'activite principale est le tourisme religieux. 
Pour fuir le bruit et la chaleur de la ville, je vais trainer l'apres-midi dans le parc au pied de la citadelle.
Les familles se promenent ici. C'est un complexe de mosquees et d'ecoles coraniques. Les enfants jettent des croquettes aux carpes sacrees qui grouillent dans les bassins et souffent d'obesite (les carpes).
En remontant vers mon hotel, je me fais aborder par les questions habituelles : "hello,... whele ale you flom?". C'est Mustafa, qui tient une petite echoppe de vetements, chaussures et cosmetiques pres de a gare routiere. Il m'invite chez lui a boire le the. On se retrouve plus tard dans la soiree pour deguster des baklavas au parc avec un de ses amis. Encore la gentillesse et l'hospitalite turques (kurdes plus precisement dans ce cas).
Il est musulman, tres pratiquant (il va a l'ecole coranique 3 fois par semaine apprendre le coran, l'arabe et le farsi). Mais il n'a pas de prejuge envers les occidentaux (malgre les quantites de cochon et de vins qui coulent dans mes veines :-) et il m'a spontannement ouvert sa maison.
C'est pour des rencontres comme celle-la que je voulais venir ici, venir seul pour aller plus facilement vers les gens, pour qu'ils viennent plus facilement vers moi. Encore une belle rencontre aujourd'hui. Qu'est-ce qui m'attend pour la suite? Vivement demain!
23 avril 2008
Sur le trone des dieux
Il etait une fois un roi, Antiochos II
, heritier des grecs par sa mere (lignee d'alexandre le Grand) et des Perses par son pere (Darius de ce cote-la de la famille)
, qui a pete un plomb. Il a agrandi l'empire que lui avait laisse son papa avant de devenir completement megalo. A cette epoque, comme il voyait grand, plutot que de porter des ray-ban, de faire du yacht avec des amis riches, de diner au fouquet's, de se marier avec un mannequin et de poser une rangee de nains de jardin dans la cours de l'Elysee, il a fait construire une montagne et il s'est fait representer devant avec sa famille les dieux (apollon, zeus, heracles,...) sous la forme de statues de 8m de haut.
Et pour se faire enterrer, des esclaves sont alles chercher des petits cailloux a 50 km de la pour faire un tumulus recouvrant sa tombe.
Encore l'occasion d'une belle balade dans la montagne, j'ai retrouve du lapiaz chartrousin (ca commencait a me manquer)
.
J'arrive au sommet en meme temps qu'un groupe de retraites americains en goguette qui m'avaient double une heure avant (en bus). Pour me recompenser de mes efforts, leur guide me propose de suivre la visite avec eux. Comme je leur dis que j'approuve a fond ce que fait leur gouvernement en Irak, ils m'offrent une biere et me redescendent meme a mon hotel (je deconne pour l'Irak, ils etaient vraiment sympas ces papys-mamys).
21 avril 2008
Marche a l'ombre
Les mollets sont sortis des chaussures de ski directement au soleil de Turquie et ils commencent a souffrir du soleil. Je decide de passer une journee au frais dans les habitats troglodytes.
Derinkuyu ("puit profond", si mon turc est bon) est une ville souterraine creusee dans la roche. D'apres certains, son existance remonte a 2000 ans av. JC mais les traces ecrites chez les historiens grecs l'evoquent 800 ans av. JC.
Ouvrage defensif, cette ville pouvait accueillir jusqu'a 5000 personnes des villages environnants. Tout etait prevu pour soutenir un siege, des etables aux celliers, en passant par la morgue, des pressoirs pour le vin et de grandes cuisines.
Le plus dur, la au fond, n'est pas de lutter contre la claustrophobie mais contre l'agoraphobie quand on est perdu au milieu de tous ces groupes de touristes qui grouillent comme des blattes.
La gorge d'Ilhara a ete formee par l'effondrement du basalte. Et la aussi, ils ont joue de la pioche pour creuser des eglises et des places fortes dans la roche. Avant d'etre un monastere, Selime etait une forteresse, remaniee au fil du temps par les conquerants de la region.
Des galeries et de raides escaliers (on finit par 4 metres en opposition dans du 4, rocher sableux) permettent de s'elever a l'interieur de ce bastion rocheux. On passe d'une salle de vie a une cuisine, puis a une chapelle, etc...
Une bonne heure a faire mumuse au frais.
Un musee en plein air a Goreme permet de voir d'un coup plusieurs de ces eglises troglodytes. Cependant, ce que j'ai trouve le plus touchant, c'est de decouvrir au detour d'un chemin, au cours d'une balade dans la campagne, une chapelle creusee dans une cheminee de fee.
Penser qu'il y a plus de 1000 ans, des hommes s'etaient retires la pour vivre leur foi, le temps et l'energie qu'ils ont passe a creuser puis a decorer les murs de ces chapelles...
Selon l'epoque, les peintures ornementales ont evolue. Aux IXe et Xe siecles, l'islam naissant qui interdissait les representations d'etres animes (porteurs d'une ame) a influence les peintres. Les decorations sont donc des motifs geometriques rouges-oranges (periode iconoclaste si des pointilleux passent par la :-).
Aux XIe et XIIe siecles, des fresques sont venues orner les murs, recouvrant parfois les motifs precedents. Cependant, les musulmans qui sont repasses par la ensuite se sont fait une joie de corriger les portraits a coups de burin.
20 avril 2008
Rando au pays des fees
Dans ce petit coin d'Anatolie, quelques villages sont poses au milieu des cheminees de fees. Certaines maisons ont meme ete creusees a l'interieur des cheminees. Dans cette vieille region volcanique, l'eau et le vent s'en sont donnes a coeur joie dans les couches successives de cendres et de lave aux densites differentes pour sculpter ces merveilles.
Des vallees bordees de falaises et de peupliers courent entre les villages. Sur les conseils de mon hote Mustafa, je decide de partir pour une grosse journee de marche dans ce decor feerique.
C'est le printemps en Cappadoce. On le voit dans les vergers cultives au fond de ces vallees. La vigne pousse ici, donnant le meilleur vin de Turquie. Je remonte tout d'abord de Goreme, mon point de chute, vers Uchisar par la vallee des pigeons. Des pigeonniers ont ete creuses dans la roche et mis a la disposition de ces volatiles (d'apres ce que j'ai compris, le loyer etait payable en guano, oeufs et transport de messages).
Puis je redescends vers Cavusin par la vallee de l'amour. D'ou peut venir ce nom? Seraient-ce les rochers ou
viennent nidifier les oiseaux? Ces deux amoureux que j'ai surpris dans un champ? Les familles qui sont au champ pour les semailles?
Ou alors la forme de ces cheminees?
D'apres mon hote, les gens du village l'appellent la vallee du miel. Un essaim d'abeilles avait elu domicile dans une cheminee et du miel coulait le long de la colonne. Choisissez votre histoire.
Je remonte vers "mon" village par des vallees roses et rouges. Il est 5h, l'appel a la priere de la mosquee voisine rebondit sur les formations rocheuses. Des paysans s'arretent de travailler leur terre. Ils etalent leurs tapis a priere a l'ombre d'un arbre et commencent leurs genuflexions. Encore une fois, les ailes se mettent a pousser sous les pieds. Le souffle du vent me pousse toujours vers l'est.
19 avril 2008
Le berceau des Derviches
Je remonte vers le nord-est en direction de la Cappadoce et, sur le chemin, je voulais voir Konya, ou Celaleddin Rumi a.k.a. Mevlana (notre guide) fonda au XIIIe siecle l'ordre des derviches. J'arrive trop tard pour la visite du tombeau, la ville est moche (le tourisme ici est essentiellement religieux), il fait gris ; je decide de soigner mon ame en commencant par soigner le corps en allant au Tarihi Hammami, le hammam historique. Tout est en marbre mais pas de bling-bling. Que des locaux, des moustachus bedonnants et velus : je me sens chez moi :-). Apres le vestiaire, une premiere piece de prechauffage ou l'on peut s'allonger sur une dalle de marbre
chauffee, puis le sauna (par trop chaud, 40 degres). Ensuite, on vient me chercher pour le seke : le frottage au gant de crin qui enleve la peau morte et enfin le savonnage-massage. Desole pour mes admiratrices (nombreuses), pas de photos de ses instants chauds et humides. Pour donner une idee du truc, Bulent mon masseur etait comme les habitues decrits plus haut. Pour ceux qui connaissent, c'est un peu comme si je m'etais fait masser par Cartman :-)
Le lendemain sous le soleil, Konya est toujours aussi moche mais le tombeau de Mevlana est ouvert. On
sent une forte devotion. Des familles entieres se pressent devant le tombeau du chef et des eminents derviches qui bossaient avec lui. En fonction du rang du derviche gisant dans la boite, le turban pose dessus est de plus en plus gros. Une multitude d'objets offerts par des personnages importants de tout le monde islamique sont exposes dans les pieces suivantes. La finesse des enluminures et le travail du cuir des couvertures des corans exposes sont impressionnants.
Le temps d'un petit show de danse derriere le guichet de la compagnie de bus avec un gars qui bosse la (merci a Cathy la prof de salsa qui m'a donne les bases pour rendre ca possible) et je pars vers la Cappadoce.
17 avril 2008
Voir des chimeres
La route entre Patara et Olympos se faufile le long de la cote, entre les forets de pins qui embaument et les vagues qui se brisent sur les rochers ocres. Image de ce que devait etre notre belle Cote d'Azur avant le betonnage... Nous traversons parfois de larges vallees fertiles couvertes de serres qui produisent principalement des tomates primeures. D'ailleurs, le chauffeur qui me prend en stop ce matin en fait son "bizeuness" avec l'Ukraine et la Roumanie. Encore un mois et la saison sera terminee.
J'arrive a Olympos ou la specialite locale est la "cabane dans les arbres". Des hotels bon marche composes de cabanes perchees ou de cahutes en bois. L'ete, ca doit grouiller de monde mais jusqu'a fin juin, c'est assez agreable. Une ambiance un peu hippie, avec de gros groupe d'anglo-saxons roses en shorts (beaucoup d'Australiens, du coup, je me dis que je ne suis pas sur de pouvoir supporter Bali tout de suite...).
Avant de beneficier de ce curieux habitat arboricole, Olympos fut aux temps jadis une importante cite lycienne (2 siecles
A.D.). Donc je reprends ma petite routine : ruines et plage. Pour le coup, les tremblements de terre et l'utilisation des materiaux de construction de seconde main pour batir les villages alentours n'ont laisse que des ruines. Mais la disposition de ce qui reste de part et d'autre d'un ruisseau en font une promenade plaisante.
Je m'en vais donc par une longue plage de galets voir les chimeres...
Je vous passe les details mythologiques sur la bestiole
, pour les curieux, cliquez sur la chimere.
Du gaz
s'echappe des infractuosites de la roche depuis... la nuit des temps? Ne disposant pas des moyens d'analyse chimique des gaz adequats, les Anciens pensaient que le monstre habitait la-dessous et devaient bien avoir la petoche. De nos jours, on regrette juste de ne pas avoir monte les brochettes, les saucisses et le rose bien frais.
Pour le retour, j'opte pour la route dans les terres, bordee d'orangers et de citroniers en fleurs avant de regagner la plage pour un plongeon aperitif.
16 avril 2008
100 bonheurs a Patara
Voyager en Turquie est d'une simplicite enfantine. Les dolmus (taxis collectifs de 15 pers.) relient les petites villes. Puis on saute dans un bus plus gros qui vous emmene a la ville d'apres. Entre les deux, les gens vous guident, vous conseillent. Pour rejoindre le dernier petit village, des qu'on tend le pouce, une voiture s'arrete. Dans le bus, un stewart vous propose des boissons, des serviettes pour vous rafraichir. Pendant un arret, le chauffeur m'offre le the puis, alors que tout le monde est descendu et qu'il nous reste une heure de trajet, des biscuits. Pas de mercantilisme comme certains sous-entendent quand ils se voient offrir le the, de la pure gentillesse.
De Pamukkale a Fethiye, la route serpente dans les montagnes, a travers des forets de pins ou coulent de
clairs torrents. On croise de elevages de truites. L'hiver, cette route peut etre couverte de neige (on passe a 1600m) mais en cette saison, le neige s'est retiree sur les sommets qui nous dominent.
Tout se goupille bien, les bus s'enchainent, partent et arrivent a l'heure, 320km pour 12€, la SNCF pourrait venir faire des stages ici.
Arrive a destination, je pars vers la plage. Le village est tourne vers le tourisme et la culture en serres (tomates, courgettes, poivrons). La route est bordee d'eucalyptus et de mimosas. Grace au vent tempe
tueux qui balaie la cote, je m'offre un gommage (une abrasion plutot) au sable fin de cette plage de 20km. Du haut des falaises la vue est fantastique, les vagues se fracassent au pied et le vent leve des embruns que le soleil irise.
Hier, c'
etait vestiges et thermalisme, aujourd'hui plage et vestiges pour changer.
Je me retrouve seul sur le site et, grace a l'aisance sur le rocher qui me caracterise :-), j'essaie de monter un peu partout sans faire tout ecrouler ni prendre de but. Le theatre est petit mais, seul sur la scene, a penser qu'il y a (presque) 2000 ans se tenaient la des acteurs et un public (en toges) m'impressionne (vous me direz qu'il m'en faut peu!). Il y a, outre le theatre, des thermes, une petite agora, un arc de trıomphe a 3 arches et une basilique. Sur le chemin du retour, pres du village actuel, une petite necropole et les restes d'installations qui devaient etre portuaires avant que la mer ne se retire a 2km de la.
Des femmes qui gardaient leurs vaches au milieu des vestiges rentrent chez elles dans les derniers rayons du soleil ; les grenouilles attaquent leur concerto.
Et comme 100 bonheurs n'arrivent jamais seuls, comme il fait un peu frisquet, Kazim, mon hote, m'invite a partager la chaleur de son foyer. Parents, beaux-parents, enfants (le fıls de Kazım est presque conscrit avec mon petit Hugo), femme et soeur. Tout le monde se
met a table (a la mode turque, sur une table basse) et on pose devant moi une superbe daurade grillee.
Il ne manquait que vous pour partager ca avec moi et le bonheur etait complet
.
Les draps fraıs m'attendent, j'espere vous ecrire bientot tout le bonheur que j'ai a voyager.






























